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ASPA et retraite : cumul, calcul et exemples 2026

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L’allocation de solidarité aux personnes âgées ne s’ajoute pas à la retraite : elle la complète jusqu’à un plancher, 1 043,59 € par mois pour une personne seule et 1 620,18 € pour un couple depuis le 1er janvier 2026. Un retraité qui touche 700 € de pension reçoit 343,59 € d’ASPA, pas 1 043,59 €. Cette page explique comment les pensions, la réversion, un salaire, un logement ou une épargne entrent dans le calcul, avec des exemples chiffrés, et ce qui distingue l’ASPA du minimum contributif. Montants vérifiés le 15 septembre 2026 sur service-public.gouv.fr ; prochaine revalorisation le 1er janvier 2027. Les conditions d’âge, de résidence et la procédure figurent dans notre guide de l’ASPA.

Le principe : une allocation différentielle

La caisse additionne les ressources du foyer sur les trois mois qui précèdent la demande (ou les douze mois si c’est plus favorable), les compare au plafond, et verse la différence. Le plafond annuel est de 12 523,14 € pour une personne seule et 19 442,21 € pour un couple, marié, pacsé ou en concubinage. Quand les ressources dépassent le plafond, rien n’est versé ; quand elles augmentent en cours de droit, l’ASPA baisse d’autant.

Situation Pension(s) mensuelle(s) ASPA Total garanti
Personne seule, carrière courte 580 € 463,59 € 1 043,59 €
Personne seule, pension + réversion 640 € + 250 € = 890 € 153,59 € 1 043,59 €
Couple, pensions 950 € et 200 € 1 150 € 470,18 € 1 620,18 €
Couple, pensions 1 100 € et 600 € 1 700 € 0 € (au-dessus du plafond)
Personne seule sans aucune retraite 0 € 1 043,59 € 1 043,59 €

Pour un couple, les ressources des deux membres sont toujours additionnées, même si un seul demande l’allocation : un conjoint sans pension dont l’époux perçoit 1 700 € n’a droit à rien. À l’inverse, la mise en couple d’un bénéficiaire fait passer au plafond couple et recalculer l’allocation.

Les ressources qui comptent

Toutes les retraites, de base et complémentaires, françaises et étrangères, les pensions de réversion et d’invalidité, l’allocation veuvage, les revenus professionnels au-delà d’un abattement (voir plus bas), les pensions alimentaires reçues, les revenus des biens immobiliers et des placements. Pour les biens qui ne produisent pas de revenu, et pour les capitaux placés, la caisse retient un revenu fictif de 3 % de leur valeur par an : un livret de 30 000 € compte pour 900 € par an, soit 75 € par mois d’ASPA en moins ; une résidence secondaire de 120 000 € compte pour 3 600 € par an. Les donations faites dans les dix ans qui précèdent la demande sont réintégrées de la même façon, à 3 % pour les cinq premières années puis 1,5 %.

Ne comptent pas : la résidence principale, les aides au logement, les prestations familiales, la retraite du combattant, l’allocation personnalisée d’autonomie, la prestation de compensation du handicap, la majoration pour tierce personne, et la valeur des meubles.

ASPA et minimum contributif

Les deux dispositifs sont souvent confondus. Le minimum contributif relève la retraite de base des personnes qui ont une carrière complète à faibles salaires ; il est versé par la caisse de retraite sans condition de ressources autre qu’un plafond de pensions totales, ne dépend pas du conjoint, et n’est pas récupérable sur la succession. L’ASPA intervient après : si, minimum contributif compris, le total des ressources reste sous 1 043,59 €, elle complète. Une personne qui a cotisé toute sa vie au SMIC a en général une retraite supérieure à l’ASPA et n’y a pas droit ; c’est pour les carrières incomplètes, les personnes qui n’ont jamais travaillé ou qui ont travaillé à l’étranger sans convention que l’ASPA joue.

Travailler avec l’ASPA

Une activité reste possible. Les revenus professionnels ne sont retenus qu’au-delà d’un abattement de 1 640,72 € par trimestre pour une personne seule et 2 734,55 € pour un couple, soit environ 547 € et 911 € par mois. Un retraité seul qui gagne 500 € par mois en gardant des enfants ou en faisant des heures de ménage conserve donc l’intégralité de son ASPA ; à 800 €, seuls 253 € sont retenus et l’allocation baisse d’autant. La caisse doit être informée du début d’activité.

Lorsque les deux membres du couple sont concernés, ou qu’un seul d’entre eux remplit les conditions, le calcul change : voir notre article sur l’ASPA pour un couple.

La réversion et le décès du conjoint

Une pension de réversion est une ressource comme les autres et réduit l’ASPA. Au décès du conjoint, le survivant passe du plafond couple au plafond personne seule ; comme la réversion ne représente que 54 % de la retraite de base du défunt, l’ASPA augmente le plus souvent pour compenser. Il faut signaler le décès à la caisse qui verse l’ASPA, demander la réversion, puis fournir la notification de réversion pour le recalcul. L’allocation veuvage, versée avant 55 ans, est aussi retenue.

Ce que devient l’ASPA au décès

Les sommes versées peuvent être récupérées sur la succession, mais seulement sur la part de l’actif net qui dépasse 108 586,14 € en métropole (150 000 € en Guadeloupe, Guyane, Martinique et à La Réunion), et dans la limite, par année d’allocation, de 8 463,42 € pour une personne seule ou 11 322,77 € pour un couple. Le conjoint survivant et l’héritier qui était à la charge du défunt peuvent obtenir le report de la récupération jusqu’à leur propre décès ; lorsque la succession comprend une exploitation agricole, le recouvrement peut être différé jusqu’à sa cession. La grande majorité des successions de bénéficiaires restent sous le seuil et ne donnent lieu à aucune récupération. Le détail figure dans notre guide de l’ASPA.

Demander l’ASPA au moment de la retraite

Le plus simple est de cocher la demande d’ASPA sur le formulaire de demande de retraite, à partir de 65 ans (ou de l’âge légal en cas d’inaptitude ou d’incapacité d’au moins 50 %). L’allocation prend effet le premier jour du mois qui suit la demande, jamais avant : une demande déposée deux ans après l’âge fait perdre deux ans d’allocation. Une personne qui a plusieurs retraites s’adresse à la caisse de base qui lui verse la pension la plus importante ; une personne qui n’a aucune retraite s’adresse au service de l’ASPA (SASPA), géré par la MSA depuis 2020, via sa mairie ou son CCAS.

Questions fréquentes

L’ASPA est-elle versée si l’on continue de travailler après 65 ans sans avoir liquidé sa retraite ?
Oui, si les ressources, salaire compris après abattement, sont sous le plafond. Mais la caisse demande en général de liquider d’abord tous ses droits à retraite, français et étrangers.

Une retraite étrangère compte-t-elle ?
Oui, convertie en euros, comme toute pension. La caisse demande le justificatif de son montant et de sa liquidation.

L’ASPA ouvre-t-elle des droits à la complémentaire santé solidaire ?
Ses bénéficiaires seuls, dont les ressources sont d’environ 12 523 € par an, dépassent le plafond de la C2S gratuite (10 421 €) mais restent sous celui de la C2S avec participation (14 069 €) : la complémentaire santé solidaire leur coûte 30 € par mois au plus, avec des soins sans dépassement ni avance de frais.

L’ASPA est-elle imposable ou soumise à la CSG ?
Non, ni l’une ni l’autre, et elle n’entre pas dans le revenu fiscal de référence.

Peut-on la percevoir en vivant plusieurs mois par an à l’étranger ?
Il faut résider en France plus de neuf mois par an : les absences ne peuvent pas dépasser trois mois cumulés dans l’année, consécutifs ou non. Au-delà, l’allocation est suspendue ; les caisses vérifient la résidence.

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A propos de l'auteur,
Rivo Raphaël Chreçant

Rivo Raphaël Chreçant est journaliste et sociologue. Titulaire d'un master 2 de sociologie de l'éducation et de la famille (Université d'Antananarivo), il a exercé comme journaliste à La Gazette de la Grande Île de 2015 à 2018, après avoir dirigé la rédaction de la revue étudiante Socio Mag et travaillé comme journaliste web et traducteur pour les ONG Search for Common Ground et Population Services International à Madagascar. Il a également coordonné des projets pour l'ACAT Madagascar entre 2010 et 2012. Rédacteur pour Vortexlab Digital Marketing depuis 2021, il est directeur de la publication et rédacteur en chef de cmu.fr, où il rédige l'ensemble des guides consacrés à la protection sociale française. Sa méthode : partir des textes et barèmes publiés par les sources officielles — Légifrance, service-public.gouv.fr, ameli.fr, la DREES et les ministères — les traduire en langage clair, et les citer systématiquement pour que chaque lecteur puisse remonter à la source.