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MDPH : démarches, délais et prestations 2026

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La maison départementale des personnes handicapées (MDPH) est le guichet par lequel passent toutes les demandes liées au handicap : allocation aux adultes handicapés, prestation de compensation, cartes mobilité inclusion, reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, allocation d’éducation de l’enfant handicapé, orientation scolaire, professionnelle ou en établissement. Un seul formulaire sert à tout demander, la réponse prend légalement quatre mois, et chaque décision peut être contestée. Cette page décrit le parcours d’une demande, ce qu’il faut mettre dans le dossier, et les montants 2026 des principales prestations. Montants vérifiés le 5 septembre 2026 sur service-public.gouv.fr ; prochaine revalorisation le 1er avril 2027.

Ce que fait la MDPH

Créée par la loi du 11 février 2005, la MDPH existe dans chaque département. Elle reçoit les demandes, les fait évaluer par une équipe pluridisciplinaire (médecin, travailleur social, ergothérapeute, psychologue selon les cas) et les soumet à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, la CDAPH, qui prend les décisions. C’est la CDAPH qui fixe le taux d’incapacité, attribue l’AAH, la PCH, l’AEEH et ses compléments, les cartes mobilité inclusion invalidité et priorité, la RQTH, et prononce les orientations. Le paiement des allocations relève ensuite de la CAF ou de la MSA, et celui de la PCH du conseil départemental.

Toute personne qui réside en France de façon stable peut déposer une demande, quel que soit son âge ; il n’y a pas de taux d’incapacité minimum pour saisir la MDPH, c’est elle qui l’évalue. Les personnes de nationalité étrangère doivent être en séjour régulier pour les allocations.

Le dossier

La demande se fait avec le formulaire unique cerfa n° 15692*01, qui permet de cocher en une fois toutes les prestations souhaitées, et le certificat médical cerfa n° 15695*01, rempli par un médecin depuis moins de douze mois. S’y ajoutent une pièce d’identité, un justificatif de domicile et, le cas échéant, le jugement de protection juridique. Le dépôt se fait en ligne sur le téléservice de la MDPH du département (la plupart utilisent le service « MDPH en ligne »), par courrier, ou à l’accueil.

Deux parties du dossier pèsent plus que les autres. Le certificat médical doit décrire ce que la personne ne peut pas ou peut difficilement faire (se déplacer, rester debout, se concentrer, communiquer, se laver, gérer un budget), pas seulement nommer la maladie : l’équipe évalue des limitations d’activité, pas un diagnostic. Et la rubrique « projet de vie », facultative, est l’endroit où la personne explique elle-même ses difficultés quotidiennes et ce qu’elle attend ; elle est lue, et elle oriente l’évaluation. Les bilans récents (compte rendu d’hospitalisation, bilan orthophonique, neuropsychologique, avis du médecin du travail) sont à joindre.

Les délais

La MDPH accuse réception du dossier et indique s’il manque des pièces. Elle dispose ensuite de quatre mois à compter du dossier complet pour notifier la décision ; au-delà, le silence vaut rejet, ce qui ouvre la voie du recours, mais en pratique la plupart des MDPH répondent hors délai et il vaut mieux attendre la décision tout en la réclamant. Les délais varient fortement d’un département à l’autre. Pour éviter une rupture, un renouvellement se dépose six mois avant la fin des droits ; les droits en cours sont alors maintenus jusqu’à la nouvelle décision pour l’AAH, l’AEEH et la PCH.

Depuis 2019, plusieurs droits peuvent être accordés sans limite de durée lorsque le handicap n’est pas susceptible d’évoluer favorablement : l’AAH pour un taux d’incapacité de 80 % ou plus, la RQTH, la CMI invalidité, l’AEEH de base. Les autres attributions vont d’un à dix ans selon la prestation.

Les prestations et leurs montants 2026

L’allocation aux adultes handicapés est versée à partir de 20 ans (16 ans si le jeune n’est plus à charge) aux personnes dont le taux d’incapacité atteint 80 %, ou 50 à 79 % avec une restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi. Depuis le 1er avril 2026, son montant maximal est de 1 041,59 € par mois. Le plafond annuel de ressources est de 12 499 € pour une personne seule, majoré de 6 250 € par enfant à charge ; depuis octobre 2023, les revenus du conjoint ne sont plus pris en compte. Les revenus d’activité sont partiellement neutralisés : notre page sur le cumul de l’AAH et d’un salaire détaille le calcul. La majoration pour la vie autonome, 104,77 € par mois, s’ajoute automatiquement aux bénéficiaires à 80 % qui vivent dans un logement indépendant avec une aide au logement et n’ont pas de revenu d’activité.

Prestation Montant mensuel 2026 Condition principale
AAH (taux plein) 1 041,59 € Taux ≥ 80 %, ou 50-79 % avec RSDAE ; ressources sous 12 499 €/an (personne seule)
Majoration pour la vie autonome 104,77 € Taux ≥ 80 %, logement indépendant avec aide au logement, pas de revenu d’activité
AEEH de base 153,01 € Enfant de moins de 20 ans, taux ≥ 80 % ou 50-79 % avec prise en charge adaptée
AEEH base + complément 1 à 6 267,77 € à 1 451,45 € Selon les dépenses et la réduction d’activité des parents
PCH aide humaine (emploi direct) 19,92 € par heure Difficulté absolue pour une activité essentielle ou grave pour deux
PCH aide humaine (service prestataire) 25,00 € par heure Idem
PCH dédommagement d’un aidant familial 4,93 € par heure (7,40 € s’il a réduit ou cessé son activité) Idem

La prestation de compensation du handicap finance des aides précises plutôt qu’un revenu : heures d’aide humaine, aides techniques (13 200 € par période de dix ans), aménagement du logement (10 000 € sur dix ans, pris en charge à 100 % jusqu’à 1 500 € puis à 50 %), aménagement du véhicule et surcoûts de transport, charges spécifiques (75 % dans la limite de 100 € par mois) et exceptionnelles (75 % dans la limite de 6 000 € sur dix ans), aide animalière. Elle est prise en charge à 100 % des tarifs lorsque les ressources du foyer, hors revenus d’activité et prestations, ne dépassent pas 31 162,62 € par an, à 80 % au-delà. La première demande doit être faite avant 60 ans, ou plus tard si les critères étaient remplis avant cet âge ou si la personne travaille encore. Depuis 2021, la PCH couvre aussi l’aide à la parentalité et, depuis 2023, les besoins liés aux handicaps psychiques, mentaux et cognitifs.

L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé est versée aux parents d’un enfant de moins de 20 ans. Son montant de base est de 153,01 € par mois ; six compléments, de 114,76 € à 1 298,44 € selon les frais engagés et la réduction d’activité d’un parent, portent le total jusqu’à 1 451,45 €. Un parent isolé perçoit une majoration supplémentaire à partir du complément 2. Les familles peuvent choisir, pour chaque élément, entre le complément d’AEEH et la PCH.

Les cartes mobilité inclusion invalidité (taux d’incapacité de 80 % ou plus), priorité (station debout pénible) et stationnement sont détaillées dans notre page sur la carte mobilité inclusion. La RQTH ne suppose aucun taux d’incapacité : elle reconnaît qu’une altération de santé réduit les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi, et ouvre l’accès aux aménagements de poste, à l’obligation d’emploi des employeurs et à l’accompagnement de Cap emploi.

Contester une décision

Depuis 2019, toute contestation commence par un recours administratif préalable obligatoire adressé à la MDPH dans les deux mois qui suivent la notification ; la CDAPH réexamine le dossier, la personne peut demander à être entendue. Sans réponse dans les deux mois, ou en cas de nouveau refus, le recours devant le juge est possible dans les deux mois suivants : tribunal judiciaire (pôle social) pour l’AAH, la PCH, l’AEEH, les cartes et les orientations médico-sociales ; tribunal administratif pour la RQTH et l’orientation professionnelle. La procédure est gratuite et l’avocat n’est pas obligatoire. Une conciliation peut aussi être demandée à la MDPH à tout moment : un conciliateur, membre d’une association de personnes handicapées, réexamine la situation ; sa saisine suspend le délai de recours.

Un élément nouveau (aggravation, nouveau bilan, changement de situation) justifie une nouvelle demande plutôt qu’un recours, sans attendre la fin des droits en cours.

Questions fréquentes

Faut-il un médecin particulier pour le certificat ?
Non. Le médecin traitant suffit ; un spécialiste peut le compléter par un volet spécifique (vision, audition) ou un compte rendu joint.

La MDPH convoque-t-elle systématiquement ?
Non. La plupart des dossiers sont évalués sur pièces. Un entretien ou une visite à domicile sont organisés lorsque l’équipe en a besoin, notamment pour la PCH.

Peut-on obtenir l’AAH tout en travaillant ?
Oui. L’AAH est réduite en fonction du salaire, avec un abattement qui la rend compatible avec un temps partiel ou un travail en ESAT ; à partir du 1er octobre 2026, le calcul pour les travailleurs d’ESAT se fait sur les revenus du trimestre.

Où trouver de l’aide pour remplir le dossier ?
À l’accueil de la MDPH, dans les centres communaux d’action sociale, les points France services, et auprès des associations de personnes handicapées (APF France handicap, Unapei, Unafam), qui connaissent les pratiques locales.

Que deviennent les droits en cas de déménagement ?
Ils restent valables. Il faut informer la MDPH du nouveau département, qui reprend le dossier, et la CAF pour le paiement.

La MDPH gère-t-elle la complémentaire santé ?
Non. Les bénéficiaires de l’AAH, dont les ressources sont souvent sous le plafond, demandent la complémentaire santé solidaire à la CPAM ; l’AAH seule dépasse le plafond de la version gratuite mais reste en dessous de celui de la version avec participation.

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A propos de l'auteur,
Rivo Raphaël Chreçant

Rivo Raphaël Chreçant est journaliste et sociologue. Titulaire d'un master 2 de sociologie de l'éducation et de la famille (Université d'Antananarivo), il a exercé comme journaliste à La Gazette de la Grande Île de 2015 à 2018, après avoir dirigé la rédaction de la revue étudiante Socio Mag et travaillé comme journaliste web et traducteur pour les ONG Search for Common Ground et Population Services International à Madagascar. Il a également coordonné des projets pour l'ACAT Madagascar entre 2010 et 2012. Rédacteur pour Vortexlab Digital Marketing depuis 2021, il est directeur de la publication et rédacteur en chef de cmu.fr, où il rédige l'ensemble des guides consacrés à la protection sociale française. Sa méthode : partir des textes et barèmes publiés par les sources officielles — Légifrance, service-public.gouv.fr, ameli.fr, la DREES et les ministères — les traduire en langage clair, et les citer systématiquement pour que chaque lecteur puisse remonter à la source.