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ASPA couple : montant 2026 et conditions d’attribution

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L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), l’ancien minimum vieillesse, garantit un revenu plancher aux personnes âgées disposant de faibles ressources. Depuis le 1er janvier 2026, ce plancher est de 1 620,18 € par mois pour un couple et de 1 043,59 € pour une personne seule. Fin 2024, environ 754 000 personnes percevaient une allocation du minimum vieillesse selon la DREES.

L’ASPA est une allocation différentielle : elle complète les ressources du foyer jusqu’à ce plancher, sans jamais le dépasser. Le plafond de ressources est donc égal au montant maximum. Elle est aussi individuelle : chaque membre du couple remplit ou non les conditions pour son propre compte, même si les ressources sont examinées au niveau du couple.

Montants de l’ASPA au 1er janvier 2026

Situation Par mois Par an
Personne seule 1 043,59 € 12 523,14 €
Couple (les deux bénéficiaires) 1 620,18 € 19 442,21 €
Couple, un seul bénéficiaire 1 043,59 € maximum 12 523,14 € maximum

Le montant du couple n’est pas le double de celui d’une personne seule : il représente environ 1,55 fois ce montant, la logique étant que deux personnes partagent un même logement et les mêmes charges. Mariage, PACS et concubinage sont traités de la même façon ; la caisse vérifie la réalité de la vie commune (domicile commun, déclarations, justificatifs). En revanche, la notion de foyer fiscal ne s’applique pas : deux concubins ne forment pas un foyer fiscal et l’ASPA n’en tient aucun compte.

Ces montants sont revalorisés au 1er janvier de chaque année.

Les trois conditions, examinées personne par personne

L’âge : 65 ans

L’ASPA se demande à partir de 65 ans, quelle que soit l’année de naissance. Il ne faut pas confondre cet âge avec les 67 ans de la retraite à taux plein automatique, qui relèvent du calcul de la pension et n’ont aucun effet sur l’ASPA.

L’âge est abaissé à l’âge légal de départ à la retraite — de 62 à 64 ans selon l’année de naissance — pour les personnes reconnues inaptes au travail, titulaires d’une pension d’invalidité, parties en retraite anticipée pour carrière longue ou pour handicap, ainsi que pour les anciens combattants, les anciens prisonniers de guerre, les anciens déportés ou internés et les mères de famille ouvrières.

Chacun des deux conjoints est examiné séparément. Il n’est pas nécessaire que les deux aient atteint l’âge requis : voir plus bas le cas du couple dont un seul membre est éligible.

La résidence en France

Il faut résider en France de façon stable, c’est-à-dire y avoir son foyer permanent ou y séjourner plus de neuf mois par an. Les absences à l’étranger ne doivent donc pas dépasser trois mois cumulés dans l’année, consécutifs ou non. Les départements et collectivités d’outre-mer relevant du régime général (Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion, Saint-Barthélemy, Saint-Martin) ouvrent droit à l’ASPA ; Mayotte relève d’un dispositif distinct.

Les personnes de nationalité étrangère hors Espace économique européen et Suisse doivent en outre justifier de dix ans de titre de séjour autorisant à travailler, sauf statut de réfugié, apatride, protection subsidiaire, ancien combattant pour la France ou convention bilatérale. Cette condition, souvent ignorée, bloque une part importante des dossiers.

Les ressources

Les ressources du couple, quelle que soit la personne qui les perçoit, ne doivent pas dépasser 1 620,18 € par mois. Elles sont appréciées sur les trois mois précédant la demande ; si le plafond est dépassé sur cette période, la caisse réexamine le dossier sur les douze mois précédents, ce qui permet de neutraliser un revenu exceptionnel.

Quelles ressources sont comptées, et lesquelles ne le sont pas

Prises en compte Écartées du calcul
Retraites de base et complémentaires, françaises et étrangères La résidence principale occupée par le couple
Pensions d’invalidité et de réversion Les prestations familiales
Revenus fonciers, loyers perçus L’allocation de logement et l’APL
Revenus d’activité, après abattement La retraite du combattant
Capitaux placés, biens sans revenu et biens donnés dans les dix ans, retenus à 3 % de leur valeur par an L’aide apportée par les enfants au titre de l’obligation alimentaire et les pensions attachées aux distinctions honorifiques

Deux règles méritent d’être connues, car elles changent souvent le résultat.

Les revenus d’activité bénéficient d’un abattement. Pour un couple, les revenus d’activité perçus au cours des trois mois précédant la demande sont retenus après un abattement de 2 734,55 € sur la période (1 640,72 € pour une personne seule) ; sur une appréciation à douze mois, l’abattement est de 10 938,20 € pour un couple et de 6 562,91 € pour une personne seule. Concrètement, un petit emploi de complément ne fait pas perdre l’allocation.

Le patrimoine qui ne rapporte rien est tout de même compté. Un terrain, un logement vide, une épargne placée ou un bien donné à un enfant dans les dix ans précédant la demande sont retenus pour 3 % de leur valeur par an. Se déposséder de son patrimoine ne protège donc pas l’allocation — cela peut au contraire la faire perdre.

Quand un seul des deux conjoints remplit les conditions

C’est la situation la plus mal expliquée. La règle est double :

  • les ressources du couple sont comparées au plafond couple, soit 1 620,18 € ;
  • l’allocation versée au seul conjoint éligible est plafonnée au montant personne seule, soit 1 043,59 €.

L’allocation correspond donc à la différence entre 1 620,18 € et les ressources du couple, dans la limite de 1 043,59 €.

Exemple. Marie, 68 ans, vit avec Jean, 58 ans. Seule Marie remplit la condition d’âge. Le couple dispose de 900 € de ressources mensuelles. L’allocation est de 1 620,18 − 900 = 720,18 €, versés à Marie. Si leurs ressources étaient de 400 €, le calcul donnerait 1 220,18 €, mais le versement serait ramené à 1 043,59 €.

Deux exemples de calcul pour un couple

Pierre et Marie, tous deux retraités, perçoivent 900 € de pensions au total. L’ASPA complète jusqu’au plancher : 1 620,18 − 900 = 720,18 € par mois. Le foyer dispose au total de 1 620,18 €.

Un couple perçoit 800 € de retraites et l’un des deux conserve une activité rapportant 600 € par mois. Sur trois mois, cette activité représente 1 800 €, soit moins que l’abattement de 2 734,55 € : elle est entièrement neutralisée. Seules les retraites sont retenues, et l’allocation s’élève à 1 620,18 − 800 = 820,18 € par mois. Le foyer perçoit donc 2 220,18 € en tout. C’est tout l’intérêt de l’abattement : reprendre une activité augmente réellement le revenu du ménage.

Faire la demande

La demande n’est jamais automatique : il faut la déposer. L’organisme compétent dépend du régime de retraite.

Situation Où déposer la demande
Retraite du régime général Carsat (Cnav en Île-de-France), formulaire cerfa n° 13710
Retraite agricole MSA, formulaire cerfa n° 14953
Fonctionnaires territoriaux et hospitaliers CNRACL
Fonctionnaires d’État Service des retraites de l’État
Aucune retraite perçue Mairie ou CCAS, dossier transmis au SASPA géré par la MSA, formulaire cerfa n° 16078

Chaque membre du couple dépose sa propre demande auprès de sa caisse. L’allocation est versée au plus tôt le premier jour du mois suivant la réception du dossier : un dépôt tardif ne donne lieu à aucun rattrapage. Un questionnaire annuel de ressources est ensuite adressé aux bénéficiaires, et tout changement de situation — ressources, déménagement, séparation, décès — doit être signalé sans attendre.

Au décès de l’un des conjoints

L’ASPA n’est pas réversible : le survivant ne récupère pas la part de son conjoint. Ses droits sont recalculés au taux personne seule, avec un plafond ramené à 1 043,59 € par mois. La baisse est mécanique et souvent brutale pour un foyer qui vivait avec 1 620,18 €. Une pension de réversion éventuelle est, elle, comptée dans les ressources.

Récupération sur succession

Les sommes versées peuvent être récupérées au décès, mais seulement si l’actif net de la succession dépasse 108 586,14 € (150 000 € dans les départements d’outre-mer, jusqu’au 31 décembre 2029). En dessous de ce seuil, rien n’est récupérable. La récupération est en outre plafonnée à 11 322,77 € par an pour un couple. Lorsque le premier conjoint décède, la récupération est reportée jusqu’au décès du survivant. Le détail des règles, des reports et des recours est expliqué dans notre article sur l’ASPA et la récupération sur succession.

Questions fréquentes

Les concubins sont-ils traités comme un couple marié ? Oui. Mariage, PACS et concubinage donnent lieu au même plafond de 1 620,18 € et au même montant maximum.

L’ASPA est-elle imposable ? Non. Elle n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu ni à la CSG et à la CRDS, et n’a pas à être déclarée.

Peut-on cumuler l’ASPA avec une retraite ? Oui, c’est même le cas général : l’ASPA vient compléter des pensions insuffisantes. Les règles de cumul sont détaillées dans notre article sur l’ASPA et la retraite, et l’ensemble du dispositif dans le guide complet de l’ASPA.

L’ASPA est-elle réduite pendant une hospitalisation ? Non. Contrairement à l’allocation aux adultes handicapés, l’ASPA n’est pas diminuée en cas d’hospitalisation, quelle qu’en soit la durée.

Que se passe-t-il si les ressources augmentent ? L’allocation est recalculée et peut être suspendue si le plafond est dépassé. Elle est rétablie si les ressources redescendent, sur nouvelle demande.

Les montants et conditions présentés proviennent de la fiche officielle de service-public.fr consacrée à l’ASPA.

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A propos de l'auteur,
Rivo Raphaël Chreçant

Rivo Raphaël Chreçant est journaliste et sociologue. Titulaire d'un master 2 de sociologie de l'éducation et de la famille (Université d'Antananarivo), il a exercé comme journaliste à La Gazette de la Grande Île de 2015 à 2018, après avoir dirigé la rédaction de la revue étudiante Socio Mag et travaillé comme journaliste web et traducteur pour les ONG Search for Common Ground et Population Services International à Madagascar. Il a également coordonné des projets pour l'ACAT Madagascar entre 2010 et 2012. Rédacteur pour Vortexlab Digital Marketing depuis 2021, il est directeur de la publication et rédacteur en chef de cmu.fr, où il rédige l'ensemble des guides consacrés à la protection sociale française. Sa méthode : partir des textes et barèmes publiés par les sources officielles — Légifrance, service-public.gouv.fr, ameli.fr, la DREES et les ministères — les traduire en langage clair, et les citer systématiquement pour que chaque lecteur puisse remonter à la source.