Un étudiant n’a plus de régime de sécurité sociale propre, plus de cotisation à payer, et plus de « rattachement » à demander. Depuis la disparition du régime étudiant, achevée en 2019, il reste affilié au régime général, sous son propre numéro de sécurité sociale, comme n’importe quel assuré ; ses remboursements sont identiques à ceux d’un salarié, et ce qui lui est spécifique se trouve ailleurs : la complémentaire santé, souvent celle des parents ou la complémentaire santé solidaire, le service de santé de l’université, les règles pour les étudiants étrangers et pour les études à l’étranger. Cette page reprend ces points dans l’ordre d’une année universitaire. Règles vérifiées le 15 septembre 2026 sur service-public.gouv.fr et ameli.fr.
L’affiliation : rien à faire, ou presque
| Situation | Affiliation | Démarche |
|---|---|---|
| Lycéen français qui entre dans l’enseignement supérieur | Reste affilié au régime général, sous son propre numéro de sécurité sociale (celui qui figure sur la carte Vitale du parent ou la sienne) | Aucune ; ouvrir son compte ameli s’il ne l’a pas encore, commander sa carte Vitale à 16 ans si ce n’est pas fait |
| Étudiant qui atteint 18 ans | Devient assuré à titre personnel ; la CPAM lui écrit pour l’inviter à ouvrir son compte ameli | Ouvrir le compte, vérifier l’adresse et le RIB, déclarer un médecin traitant |
| Étudiant étranger hors Union européenne | Affiliation gratuite au régime général dès l’inscription dans l’établissement | S’inscrire sur etudiant-etranger.ameli.fr avec passeport, visa ou titre de séjour, certificat de scolarité, RIB et acte de naissance |
| Étudiant de l’Union européenne, de l’EEE ou de Suisse | Reste couvert par son pays d’origine | Utiliser sa carte européenne d’assurance maladie ; s’inscrire sur etudiant-etranger.ameli.fr s’il n’en a pas |
| Étudiant ultramarin dans l’Hexagone | Déjà affilié | Changer d’adresse dans le compte ameli ; la caisse peut changer |
| Étudiant salarié, apprenti, alternant | Affilié au titre de son activité, avec droits aux indemnités journalières selon les heures travaillées | Aucune ; l’employeur déclare |
Le numéro de sécurité sociale d’un jeune existe depuis sa naissance ; il figure sur la carte Vitale du parent auquel il est rattaché jusqu’à 16 ans, puis sur sa propre carte. À 16 ans, la caisse propose au jeune une carte Vitale et un compte ameli à son nom ; à 18 ans, il n’est plus rattaché à personne : ses remboursements arrivent sur son propre compte bancaire, à condition d’avoir enregistré un RIB, et ses courriers à sa propre adresse. Un étudiant qui n’a rien fait à 16 ans et dont les remboursements continuent d’arriver chez ses parents n’est pas en faute, mais il gagne à régulariser : ouverture du compte ameli sur ameli.fr avec le numéro de sécurité sociale et FranceConnect, ou avec un code provisoire envoyé par la caisse, commande de la carte Vitale depuis ce compte, enregistrement du RIB et de l’adresse.
Les remboursements
Ils sont ceux du régime général : 70 % du tarif de la Sécurité sociale pour une consultation (30 € chez un généraliste de secteur 1, soit 21 € remboursés moins la participation forfaitaire de 2 €), 60 % pour les analyses et les soins paramédicaux, 65 %, 30 % ou 15 % pour les médicaments, 80 % pour l’hospitalisation. Le médecin traitant se déclare comme pour tout adulte ; sans lui, une consultation de spécialiste est remboursée à 30 % au lieu de 70 %. Les médecins des services de santé étudiante (SSE, anciens SUMPPS) des universités consultent sans dépassement, souvent en tiers payant, et peuvent être déclarés médecin traitant. La contraception est gratuite jusqu’à 25 ans inclus, sans avance de frais, comme les préservatifs en pharmacie sur simple demande, le dépistage des infections sexuellement transmissibles en laboratoire sans ordonnance, et les consultations de psychologue dans le cadre de Mon soutien psy (douze séances par an remboursées, sans ordonnance). Les consultations de prévention sont gratuites à 18-25 ans.
La complémentaire santé
C’est le seul poste où l’étudiant a un choix à faire. Trois options se présentent. Rester couvert par la mutuelle des parents : la plupart des contrats collectifs d’entreprise et des contrats individuels couvrent les enfants jusqu’à 25 ou 28 ans s’ils sont étudiants, sans supplément ou pour un supplément modeste ; il faut envoyer chaque année le certificat de scolarité à l’organisme. Demander la complémentaire santé solidaire : un étudiant qui ne vit plus chez ses parents et n’est pas rattaché à leur foyer fiscal constitue son propre foyer, et ses ressources propres (bourse exclue, revenus d’un job étudiant inclus) sont souvent inférieures au plafond de 10 421 € par an, ce qui ouvre la C2S gratuite, avec tiers payant intégral et sans franchise ; un étudiant rattaché au foyer fiscal de ses parents est en revanche compté avec eux. Souscrire un contrat individuel, enfin, auprès de n’importe quel organisme : les anciennes mutuelles étudiantes ne sont plus que des complémentaires parmi d’autres et n’ont aucun rôle dans l’affiliation. Les conditions de la C2S sont détaillées dans le guide de la complémentaire santé solidaire.
Bourses, aides et santé
La bourse sur critères sociaux du Crous n’est pas une prestation de santé mais elle compte pour les autres droits : elle n’est pas prise en compte dans les ressources pour la C2S, et les étudiants boursiers ont accès à des consultations gratuites dans certains services de santé étudiante et à des aides ponctuelles du Crous pour des frais de santé non remboursés. Les étudiants en situation de handicap relèvent de la MDPH pour l’AAH, la PCH et la carte mobilité inclusion, et de la mission handicap de leur établissement pour les aménagements d’études. Les indemnités journalières en cas d’arrêt maladie ne sont dues qu’aux étudiants qui travaillent assez pour ouvrir des droits (150 heures dans les trois mois précédents) ; un étudiant sans activité n’en perçoit pas.
Études à l’étranger et stages
Pour un séjour d’études dans l’Union européenne, l’EEE ou en Suisse, la carte européenne d’assurance maladie, gratuite, à commander sur le compte ameli quinze jours avant le départ, donne accès aux soins aux conditions du pays d’accueil. Hors Europe, l’étudiant de moins de 20 ans, ou dont le séjour dure moins de six mois, reste affilié en France et se fait rembourser au retour sur la base des tarifs français, sur présentation des factures et du formulaire S3125 ; au-delà, il relève du régime du pays d’accueil et doit souscrire l’assurance exigée par l’université étrangère ou une assurance privée, la Caisse des Français de l’étranger proposant une formule étudiants. Un stage en France donne lieu à une convention et l’étudiant reste couvert par le régime général pour la maladie ; pour les accidents du travail, c’est l’établissement d’enseignement qui le couvre si la gratification est inférieure au seuil légal, l’entreprise d’accueil au-delà.
Questions fréquentes
Faut-il payer une cotisation de sécurité sociale étudiante ?
Non, plus depuis la rentrée 2018. La contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) payée au Crous finance les services des établissements, pas l’assurance maladie.
Dois-je me « rattacher » à la sécurité sociale de mes parents ?
Non. Il n’y a plus de rattachement : chaque étudiant est assuré sous son propre numéro. Seule la complémentaire des parents peut continuer à le couvrir.
Mes parents peuvent-ils voir mes remboursements ?
Plus après 18 ans, si l’étudiant a ouvert son compte ameli et enregistré son RIB et son adresse. Avant, ses remboursements figurent sur le compte du parent auquel il est rattaché.
Puis-je avoir la complémentaire santé solidaire en étant étudiant ?
Oui, si vous n’êtes pas rattaché au foyer fiscal de vos parents et que vos ressources propres sont sous le plafond. Rattaché fiscalement, vous êtes compté dans le foyer parental.
Étudiant étranger : combien coûte l’affiliation ?
Rien. L’inscription sur etudiant-etranger.ameli.fr est gratuite et ouvre les mêmes droits qu’un étudiant français ; la carte Vitale arrive après attribution du numéro définitif.
Que se passe-t-il à la fin des études ?
Rien pour l’assurance maladie, qui continue au titre de la résidence en France puis de l’emploi. La complémentaire des parents s’arrête à l’âge prévu par le contrat ou à la fin des études ; un premier emploi apporte en général une mutuelle d’entreprise.



