L’assurance maladie française est liée à la résidence en France. Une personne qui part s’installer à l’étranger cesse d’en relever à son départ, sauf dans deux situations : le détachement, où l’employeur maintient l’affiliation française pour une durée limitée, et la retraite dans un pays de l’Union européenne, où la France continue de payer les soins par l’intermédiaire du pays d’accueil. Dans tous les autres cas, l’expatrié dépend du régime du pays où il vit, complété s’il le souhaite par une adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) ou par une assurance privée. Cette page distingue ces situations, précise ce qu’il faut faire avant le départ et au retour, et ce que valent encore la carte Vitale et les droits français pendant l’expatriation. Règles vérifiées le 15 septembre 2026 sur service-public.gouv.fr et ameli.fr.
Détaché, expatrié, retraité : qui dépend de quoi
| Situation | Régime dont on dépend | Durée | Document |
|---|---|---|---|
| Salarié détaché par un employeur français dans l’Union européenne, l’EEE ou en Suisse | Sécurité sociale française maintenue | 24 mois, prolongeables par dérogation | Formulaire A1 demandé par l’employeur à l’Urssaf ; S1 pour être soigné sur place |
| Salarié détaché dans un pays lié à la France par une convention | Sécurité sociale française maintenue | Fixée par la convention (souvent un à trois ans) | Formulaire de détachement propre à la convention |
| Salarié détaché dans un pays sans convention | Sécurité sociale française maintenue | 3 ans, renouvelables une fois | Attestation de l’employeur, cotisations françaises maintenues |
| Salarié expatrié (contrat local ou expatriation par l’employeur), indépendant installé à l’étranger | Régime du pays d’accueil ; CFE et assurance privée facultatives | Tant que dure la résidence à l’étranger | Carte Vitale à restituer ou à ne plus utiliser |
| Retraité d’un régime français installé dans l’UE, l’EEE ou en Suisse | Soins pris en charge dans le pays d’accueil, à la charge de la France | Sans limite | Formulaire S1 demandé à la caisse de retraite, remis à l’organisme local |
| Retraité d’un régime français hors Europe | Régime local si convention ; sinon CFE ou assurance privée. Soins pris en charge lors des séjours temporaires en France | Sans limite | Attestation de pension |
| Étudiant de moins de six mois à l’étranger, ou de moins de 20 ans | Reste affilié en France, remboursement forfaitaire des soins | Durée des études | Carte européenne dans l’UE |
| Demandeur d’emploi cherchant un travail dans l’UE | Reste affilié en France | 3 mois, 6 sur autorisation | Formulaire U2 de France Travail, carte européenne |
La distinction entre détachement et expatriation ne dépend pas de la durée du séjour ni du choix du salarié, mais de la décision de l’employeur : dans le détachement, l’entreprise française continue de payer les cotisations en France ; dans l’expatriation, elle cesse et le salarié est affilié sur place. Un contrat local signé avec une entreprise étrangère est toujours une expatriation.
Avant de partir
L’expatrié informe sa caisse de son départ, par la messagerie du compte ameli ou par courrier, en indiquant la date et le pays ; la caisse clôt les droits à cette date. La carte Vitale ne doit plus être utilisée : une fois la résidence transférée, se faire soigner en France avec elle lors d’un passage constitue une fraude, sauf pour les situations où les droits sont maintenus (détachés, retraités). Il est utile de demander avant le départ le formulaire E104 ou S041, qui atteste des périodes d’assurance françaises et que certains pays exigent pour ouvrir les droits locaux sans délai d’attente, ainsi que l’historique des remboursements et le dossier médical dans Mon espace santé, qui reste accessible de l’étranger. Le détaché demande à son employeur le formulaire A1 (ou son équivalent conventionnel) et, pour l’Europe, le formulaire S1 à sa CPAM, qu’il remettra à l’organisme d’assurance maladie du pays d’accueil pour y être soigné comme un assuré local, la France payant.
La Caisse des Français de l’étranger
La CFE est un organisme de sécurité sociale à adhésion volontaire, ouvert aux Français et aux ressortissants de l’Union européenne qui résident hors de France, salariés, indépendants, retraités, étudiants ou inactifs. Elle rembourse les soins reçus dans le pays de résidence et en France sur la base des tarifs de la Sécurité sociale française, ce qui laisse un reste à charge important dans les pays où les soins sont chers, d’où son association fréquente à une assurance complémentaire. Elle propose aussi, pour les salariés, l’assurance accidents du travail et la retraite de base, ce qui permet de continuer à valider des trimestres français. La cotisation dépend de la formule, de l’âge et, pour les salariés, d’un barème par tranche de revenus ; les montants sont fixés chaque année et consultables sur cfe.fr, et une aide à l’adhésion existe pour les personnes aux ressources modestes. L’adhésion n’est pas obligatoire : dans un pays dont le régime public est de bonne qualité et accessible aux étrangers, elle peut être inutile ; dans un pays où les soins sont privés et coûteux, elle est en concurrence avec les assurances internationales, qui remboursent en frais réels mais sélectionnent et tarifent selon l’état de santé, alors que la CFE accepte tout le monde. Un avantage propre à la CFE : ses adhérents restent couverts pendant les trois mois qui suivent leur retour en France, ce qui supprime le délai de carence de la PUMa.
Se faire soigner en France pendant l’expatriation
Un expatrié de passage en France n’a en principe aucun droit à l’assurance maladie française et paie ses soins, sauf s’il est couvert par la CFE ou par une assurance privée qui les rembourse. Plusieurs exceptions. Le retraité d’un régime français qui réside hors de France a droit à la prise en charge de ses soins lors de ses séjours temporaires en France, sur présentation de son attestation de pension à la CPAM du lieu de séjour. Le résident d’un pays de l’Union européenne affilié localement présente sa carte européenne d’assurance maladie, y compris s’il est Français. Et les soins urgents à l’hôpital sont assurés à tous, mais facturés. Les enfants restés en France chez un parent qui y réside restent couverts par ce parent.
Le retour en France
Au retour, l’affiliation à la protection universelle maladie suppose trois mois de résidence stable en France, sauf si la personne reprend une activité (affiliation dès la première heure travaillée), si elle était couverte par la CFE (trois mois de maintien), ou si elle revient d’un pays de l’Union européenne, de l’EEE, de Suisse ou du Royaume-Uni avec un emploi. Le retraité qui revient d’Europe fait clôturer son S1 et se réinscrit à sa CPAM. La démarche se fait auprès de la CPAM du nouveau domicile avec le formulaire S1106 de demande d’ouverture des droits, une pièce d’identité, un justificatif de résidence et, le cas échéant, le contrat de travail ; les personnes qui n’ont plus de numéro de sécurité sociale actif le récupèrent à cette occasion, et la carte Vitale, si elle a été conservée, est remise à jour, sinon recommandée. Pendant les trois mois d’attente, une assurance privée temporaire ou le maintien de la couverture du pays quitté (carte européenne pour l’Europe) évitent de rester sans protection. Les règles générales d’affiliation des personnes qui s’installent en France sont détaillées dans Santé des étrangers en France : droits, couverture, démarches.
Questions fréquentes
Puis-je garder ma carte Vitale en partant vivre à l’étranger ?
Non pour un expatrié : les droits sont clos au départ et la carte ne doit plus servir. Oui pour un détaché ou un retraité parti dans l’UE, dont les droits français sont maintenus.
La CFE est-elle obligatoire ?
Non, elle est volontaire. Elle remplace, pour ceux qui y adhèrent, la couverture française perdue, aux tarifs français.
Mon conjoint et mes enfants qui restent en France sont-ils couverts ?
Oui, au titre de leur propre résidence en France : le conjoint à titre personnel, les enfants rattachés à lui. Ils ne dépendent pas de l’expatrié.
Un retraité à l’étranger est-il remboursé de ses soins en France ?
Oui, lors de ses séjours temporaires, sur présentation de son attestation de pension à la CPAM du lieu de séjour. Les soins reçus dans son pays de résidence hors Europe ne sont pas remboursés par la France, sauf convention.
Combien de temps faut-il attendre au retour ?
Trois mois de résidence, sauf reprise d’activité, adhésion à la CFE ou retour d’Europe avec un emploi. La demande se dépose dès l’arrivée avec le formulaire S1106.
Mes trimestres de retraite continuent-ils à l’étranger ?
Non, sauf détachement, adhésion à l’assurance vieillesse de la CFE, ou activité dans un pays de l’UE ou lié par convention, dont les périodes sont coordonnées avec les périodes françaises.



