Les aides destinées aux personnes handicapées ne relèvent pas d’un seul guichet. La MDPH évalue le handicap et ouvre les droits, la CAF verse l’AAH et l’AEEH, le département paie la PCH et l’aide sociale à l’hébergement, la CPAM prend en charge les soins. Cette page donne, pour chaque aide, à quoi elle sert, qui peut la demander et son montant au 15 septembre 2026, puis renvoie vers les pages détaillées du site. Montants vérifiés le 15 septembre 2026 sur service-public.gouv.fr ; prochaine revalorisation de l’AAH et de l’AEEH le 1er avril 2027.
Les aides en un tableau
| Aide | À quoi elle sert | Qui décide / qui paie | Montant 2026 |
|---|---|---|---|
| AAH | Revenu minimum pour l’adulte dont le handicap limite l’emploi | CDAPH / CAF ou MSA | 1 041,59 € par mois au maximum |
| PCH | Financer les besoins de compensation : aide humaine, matériel, logement, transport | CDAPH / département | Selon les besoins, par élément (voir plus bas) |
| AEEH | Frais liés au handicap d’un enfant de moins de 20 ans | CDAPH / CAF ou MSA | 153,01 € de base, jusqu’à 1 451,45 € avec complément |
| CMI | Priorité, stationnement, réductions (mentions priorité, invalidité, stationnement) | Président du conseil départemental sur avis MDPH | Gratuite |
| RQTH | Accès aux aides à l’emploi et aux aménagements de poste | CDAPH | Sans montant |
| ASH | Payer l’hébergement en foyer ou établissement quand les ressources ne suffisent pas | Département | Différence entre le tarif et la contribution du résident |
Toutes ces aides, sauf l’ASH, se demandent avec le même dossier, déposé à la MDPH du département : formulaire cerfa n° 15692, certificat médical cerfa n° 15695 de moins de douze mois, pièce d’identité, justificatif de domicile. La MDPH a quatre mois pour répondre ; sans réponse, la demande est réputée rejetée, ce qui ouvre le recours. La marche à suivre est détaillée dans notre page MDPH : démarches, délais et prestations.
L’AAH
L’allocation aux adultes handicapés est versée à partir de 20 ans (16 ans si le jeune n’est plus à la charge de ses parents pour les prestations familiales) aux personnes dont le taux d’incapacité est d’au moins 80 %, ou compris entre 50 et 79 % avec une restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi reconnue par la CDAPH. Il faut résider en France de façon stable et, pour les personnes de nationalité étrangère hors Espace économique européen, être en séjour régulier.
Le montant maximum est de 1 041,59 € par mois depuis le 1er avril 2026. L’AAH est différentielle : elle complète les autres ressources jusqu’à ce plafond, qui correspond à 12 499,08 € par an, majoré de 6 249,54 € par enfant à charge. Depuis le 1er octobre 2023, les revenus du conjoint, partenaire ou concubin ne comptent plus. Une pension d’invalidité de 650 € par mois laisse ainsi une AAH de 1 041,59 − 650 = 391,59 € ; une pension de 800 € laisse 241,59 €. Les revenus d’activité bénéficient d’un traitement favorable : cumul intégral pendant six mois, puis abattement de 80 % jusqu’à 560,11 € de salaire mensuel et de 40 % au-delà, détaillé dans AAH et travail : cumul, abattements et calcul.
L’AAH est attribuée pour une durée de un à dix ans, sans limite de durée lorsque le taux atteint 80 % et que le handicap n’est pas susceptible d’évoluer favorablement. Elle n’est pas imposable, n’est pas récupérable sur succession et est insaisissable, sauf pour le paiement des frais d’entretien de la personne. À l’âge légal de la retraite, l’allocataire dont le taux est d’au moins 80 % conserve son AAH en complément de sa retraite ; celui dont le taux est compris entre 50 et 79 % passe à la retraite et, si elle est insuffisante, à l’ASPA. Les conditions médicales et le calcul du taux sont expliqués dans Conditions AAH : le taux d’incapacité.
Un point souvent mal compris : l’AAH n’ouvre pas automatiquement la complémentaire santé solidaire. Elle est comptée dans les ressources, et 12 499 € par an dépassent le plafond de la C2S gratuite (10 421 €) mais restent sous celui de la C2S avec participation (14 069 €) : un allocataire seul sans autre revenu peut donc obtenir la C2S moyennant 8 à 30 € par mois selon son âge. La CMU-C, elle, n’existe plus depuis le 1er novembre 2019.
La PCH
La prestation de compensation du handicap finance des dépenses précises, évaluées par l’équipe de la MDPH à partir du projet de vie de la personne. Elle se demande avant 60 ans (jusqu’à 75 ans si les conditions étaient remplies avant 60 ans, ou sans limite d’âge pour une personne qui travaille encore), et suppose une difficulté absolue pour une activité essentielle (se laver, s’habiller, se déplacer, communiquer) ou grave pour deux. Elle n’est pas soumise à condition de ressources pour être accordée, mais le taux de prise en charge dépend des revenus du patrimoine : 100 % des tarifs si ces revenus ne dépassent pas 31 162,62 € par an, 80 % au-delà. Les salaires, l’AAH et les pensions ne comptent pas dans ce calcul.
| Élément | Tarif ou plafond 2026 |
|---|---|
| Aide humaine, emploi direct | 19,92 € par heure (20,70 € avec gestes de soins) |
| Aide humaine, service mandataire | 21,91 € par heure (22,77 € avec gestes de soins) |
| Aide humaine, service prestataire | 25,00 € par heure |
| Dédommagement d’un aidant familial | 4,93 € par heure, 7,40 € s’il réduit son activité professionnelle |
| Aides techniques | 13 200 € par période de dix ans |
| Aménagement du logement | 10 000 € par période de dix ans |
| Aménagement du véhicule, surcoûts de transport | 10 000 € par dix ans (24 000 € pour les frais kilométriques) |
| Charges spécifiques | 100 € par mois |
| Charges exceptionnelles | 6 000 € par période de dix ans |
| Aide animalière | 6 000 € par période de dix ans |
La PCH n’est pas imposable, ne compte pas dans les ressources de l’AAH ni de la C2S, et n’est jamais récupérée sur la succession. Elle se cumule intégralement avec l’AAH. Elle ne se cumule pas avec l’allocation personnalisée d’autonomie : après 60 ans, il faut choisir entre les deux.
L’AEEH
L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé est versée aux parents d’un enfant de moins de 20 ans dont le taux d’incapacité est d’au moins 80 %, ou compris entre 50 et 79 % s’il fréquente un établissement spécialisé ou a besoin de soins ou d’un accompagnement particulier. Elle n’est soumise à aucune condition de ressources. Au montant de base de 153,01 € s’ajoute, selon les dépenses engagées et la réduction d’activité d’un parent, l’un des six compléments : le total mensuel atteint 267,77 € (1re catégorie), 463,82 € (2e), 592,92 € (3e), 834,72 € (4e), 1 024,27 € (5e) ou 1 451,45 € (6e), avant majoration éventuelle pour parent isolé. Un enfant qui relève d’un complément peut, à la place de celui-ci, bénéficier de la PCH si elle est plus favorable. Le détail figure dans AEEH : l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé.
Les cartes et la reconnaissance de travailleur handicapé
La carte mobilité inclusion remplace depuis 2017 les anciennes cartes d’invalidité, de priorité et de stationnement. La mention invalidité suppose un taux d’incapacité d’au moins 80 % ou une pension d’invalidité de 3e catégorie ; elle donne une demi-part fiscale supplémentaire, la priorité dans les files d’attente et les transports, et des réductions. La mention priorité vise les personnes dont la station debout est pénible, avec un taux inférieur à 80 %. La mention stationnement permet d’utiliser les places réservées et de stationner gratuitement sur la voirie. Les bénéficiaires de l’APA en GIR 1 ou 2 obtiennent la mention invalidité et stationnement sans passer par la MDPH. Voir Carte mobilité inclusion : démarches et droits.
La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, attribuée pour un à dix ans ou sans limite de durée, ouvre l’accès aux aides de l’Agefiph, à l’obligation d’emploi des entreprises de 20 salariés et plus, à l’aménagement du poste, à la retraite anticipée pour handicap sous conditions, et permet d’être orienté vers un ESAT ou une entreprise adaptée. Les aides associées sont présentées dans Travailleur handicapé : droits, aides et démarches.
L’aide sociale à l’hébergement
Quand une personne handicapée vit en foyer d’hébergement, foyer de vie ou foyer d’accueil médicalisé et que ses ressources ne couvrent pas le prix de journée, le département paie la différence au titre de l’aide sociale à l’hébergement. Le résident conserve un minimum : au moins 30 % de l’AAH s’il ne travaille pas, davantage s’il travaille ou a des charges de famille. La demande se dépose au CCAS de la commune ou directement au département. Contrairement à l’ASH des personnes âgées, celle des personnes handicapées n’est pas récupérée sur la succession lorsque les héritiers sont le conjoint, les enfants, les parents ou la personne qui a assumé la charge effective et constante de la personne, et l’obligation alimentaire des proches n’est pas mise en jeu.
Contester une décision
Toute décision de la CDAPH ou du président du conseil départemental peut être contestée dans les deux mois par un recours administratif préalable obligatoire adressé à la MDPH. Si le refus est maintenu ou si la MDPH ne répond pas dans les deux mois, la juridiction dépend de la prestation : le pôle social du tribunal judiciaire pour l’AAH, la PCH, l’AEEH et la CMI ; le tribunal administratif pour la RQTH et l’orientation professionnelle. Une décision de la CAF sur le calcul ou le paiement de l’AAH se conteste devant la commission de recours amiable de la CAF, puis devant le tribunal judiciaire. La procédure est gratuite, sans avocat obligatoire, et le Défenseur des droits peut être saisi en parallèle.
Questions fréquentes
Peut-on cumuler AAH et PCH ?
Oui, intégralement. La PCH n’est pas une ressource pour le calcul de l’AAH.
L’AAH donne-t-elle droit à la complémentaire santé solidaire ?
Pas automatiquement. Avec la seule AAH, une personne seule dépasse le plafond de la C2S gratuite mais peut obtenir la C2S avec participation, de 8 à 30 € par mois.
Faut-il déclarer l’AAH aux impôts ?
Non. L’AAH, la PCH et l’AEEH ne sont pas imposables et n’ont pas à figurer sur la déclaration de revenus.
Quand faut-il demander le renouvellement ?
Six mois avant la fin des droits, compte tenu du délai d’instruction de quatre mois. La CAF continue de verser l’AAH pendant l’instruction du renouvellement si le dossier a été déposé avant l’échéance.
Un changement de situation doit-il être déclaré ?
Oui, à la CAF dans le mois : déménagement, mise en couple ou séparation, reprise ou arrêt d’activité, entrée en établissement, hospitalisation de plus de 60 jours. Un retard entraîne un indu, remboursable par retenues sur les allocations suivantes.
Les aides du département sont-elles récupérées sur la succession ?
Jamais pour la PCH, l’AAH et l’AEEH. Pour l’aide sociale à l’hébergement des personnes handicapées, la récupération est écartée à l’égard du conjoint, des enfants, des parents et de la personne qui a assumé la charge de l’intéressé.



