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Prime d’activité : conditions, montant 2026 et demande

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La prime d’activité complète chaque mois les revenus des personnes qui travaillent pour un salaire modeste : salariés à temps partiel ou au SMIC, indépendants qui démarrent, apprentis bien payés, fonctionnaires de catégorie C. Elle est versée par la CAF ou la MSA, n’est pas imposable, et se demande entièrement en ligne. Son montant forfaitaire a été revalorisé de 0,8 % au 1er avril 2026 : il est de 638,28 € par mois pour une personne seule, par le décret n° 2026-222 du 30 mars 2026. Ce chiffre n’est pas ce que l’on perçoit, mais la base d’un calcul qui dépend des revenus et de la composition du foyer. Montants vérifiés le 5 septembre 2026 ; prochaine revalorisation le 1er avril 2027.

Qui peut la demander

Il faut avoir au moins 18 ans, résider en France de façon stable (au moins neuf mois par an) et exercer une activité professionnelle rémunérée, quelle qu’en soit la durée : il n’y a pas de minimum d’heures. Les ressortissants de l’Union européenne doivent justifier d’un droit au séjour ; les autres étrangers doivent détenir depuis au moins cinq ans un titre de séjour autorisant à travailler, sauf réfugiés, apatrides et titulaires d’une carte de résident.

Deux catégories sont soumises à une condition supplémentaire. Les étudiants, stagiaires et apprentis n’y ont droit que si leurs revenus d’activité dépassent 78 % du SMIC net mensuel pendant chacun des trois mois de la période de référence, sauf s’ils ont un enfant à charge. Les travailleurs indépendants y ont droit si leur dernier chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas les plafonds de la micro-entreprise.

Il n’existe pas de plafond de ressources fixé une fois pour toutes : la prime cesse d’être versée quand le calcul ci-dessous donne un résultat inférieur à 15 €. En pratique, une personne seule sans enfant qui gagne autour de 1 900 € nets n’y a plus droit ; pour un couple avec deux enfants dont un seul travaille, le seuil se situe autour de 3 300 € nets. Le simulateur de la CAF donne une réponse fiable en quelques minutes, sans compte.

Comment le montant est calculé

La CAF part du montant forfaitaire du foyer, y ajoute 61 % des revenus d’activité et, le cas échéant, une bonification individuelle, puis retire l’ensemble des ressources du foyer et le forfait logement. Le résultat est la prime mensuelle, fixée pour trois mois.

Composition du foyer Montant forfaitaire mensuel
Personne seule 638,28 €
Couple sans enfant, ou personne seule avec 1 enfant 957,42 €
Couple avec 1 enfant, ou personne seule avec 2 enfants 1 148,90 €
Couple avec 2 enfants 1 340,39 €
Par enfant supplémentaire à partir du 3e + 255,31 €

Les parents isolés bénéficient d’une majoration : le montant forfaitaire est porté à 819,64 € pour une femme enceinte seule, et augmenté de 273,21 € par enfant à charge.

La bonification individuelle récompense l’activité de chaque membre du foyer qui travaille. Elle est nulle pour un revenu d’activité inférieur à la moitié du SMIC net, augmente ensuite, et atteint son maximum, 185,75 € par mois, à partir d’un revenu égal au SMIC net à temps plein, sans diminuer au-delà.

Le forfait logement est déduit si le foyer perçoit une aide au logement, est propriétaire ou logé gratuitement : 78,20 € pour une personne, 156,41 € pour deux, 193,55 € à partir de trois.

Deux exemples

Une personne seule, locataire avec APL, qui gagne 1 450 € nets par mois (à peu près le SMIC à temps plein). Calcul : 638,28 + 61 % de 1 450 (884,50) + bonification 185,75 = 1 708,53 ; moins les ressources (1 450) et le forfait logement (78,20) : prime d’environ 180 € par mois.

Un couple avec un enfant, un salaire de 1 450 € et un mi-temps à 725 €, locataires avec APL. Calcul : 1 148,90 + 61 % de 2 175 (1 326,75) + bonification du premier (185,75) + bonification du second (nulle, revenu égal à la moitié du SMIC) = 2 661,40 ; moins les ressources (2 175) et le forfait logement (193,55) : prime d’environ 293 € par mois. Les allocations familiales, s’il y en avait, seraient ajoutées aux ressources et réduiraient d’autant la prime.

Les ressources retenues sont celles des trois mois précédents : salaires nets, revenus d’indépendant, indemnités journalières, allocations chômage, pensions, revenus du patrimoine, allocations familiales. Les aides au logement ne sont pas comptées (elles sont remplacées par le forfait logement), ni l’allocation de rentrée scolaire ou l’AEEH.

Faire la demande

La demande se fait uniquement en ligne, sur caf.fr (rubrique « Mes démarches », ou directement depuis le simulateur) ou sur msa.fr pour le régime agricole. Il faut indiquer la composition du foyer, la situation professionnelle de chacun et les ressources des trois derniers mois. Aucun justificatif n’est demandé au départ ; la CAF peut en réclamer ensuite. La décision arrive en général sous un mois, et le premier versement intervient le 5 du mois suivant l’ouverture du droit. La prime est due à partir du premier jour du mois de la demande, jamais avant : une demande déposée en retard fait perdre les mois précédents.

Le RSA et la prime d’activité se demandent par le même formulaire. Une personne au RSA qui reprend un emploi n’a donc pas de démarche particulière : la CAF calcule les deux droits et verse ce à quoi le foyer a droit, les deux pouvant se cumuler quand les revenus sont très faibles.

La déclaration trimestrielle

Tous les trois mois, le bénéficiaire déclare les ressources du trimestre écoulé, et la prime est recalculée pour les trois mois suivants. Depuis 2025, cette déclaration est préremplie avec le « montant net social » que les employeurs et organismes transmettent à la CAF ; il ne reste qu’à vérifier, compléter ce qui manque (revenus d’indépendant, pensions alimentaires) et valider. La CAF prévient par courriel ou notification à l’ouverture de la période de déclaration ; sans déclaration, le versement est suspendu jusqu’à régularisation.

Tout changement de situation doit être signalé sans attendre le trimestre : mise en couple ou séparation, naissance, déménagement, perte ou reprise d’emploi. Une ressource oubliée se traduit par un trop-perçu que la CAF récupère sur les versements suivants.

Questions fréquentes

La prime d’activité est-elle imposable ?
Non. Elle n’est pas à déclarer aux impôts et n’est pas prise en compte pour le calcul des aides au logement ni de la complémentaire santé solidaire.

Peut-on la cumuler avec l’AAH ?
Oui. L’AAH compte comme une ressource dans le calcul de la prime, mais une personne handicapée qui travaille peut percevoir les deux. La combinaison AAH et activité fait l’objet d’une page dédiée.

Un arrêt maladie fait-il perdre la prime ?
Non, tant que le contrat de travail existe. Les indemnités journalières sont comptées comme des ressources, et la prime est recalculée au trimestre suivant.

Faut-il la déclarer à France Travail ?
Non. Un demandeur d’emploi en activité réduite déclare ses heures et ses salaires, pas la prime d’activité, qui n’a aucun effet sur l’allocation chômage.

Comment contester un refus ou un montant ?
Par un recours écrit auprès de la commission de recours amiable de la CAF dans les deux mois qui suivent la décision, puis, en cas de rejet, devant le pôle social du tribunal judiciaire. Le détail des règles figure sur service-public.gouv.fr.

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A propos de l'auteur,
Rivo Raphaël Chreçant

Rivo Raphaël Chreçant est journaliste et sociologue. Titulaire d'un master 2 de sociologie de l'éducation et de la famille (Université d'Antananarivo), il a exercé comme journaliste à La Gazette de la Grande Île de 2015 à 2018, après avoir dirigé la rédaction de la revue étudiante Socio Mag et travaillé comme journaliste web et traducteur pour les ONG Search for Common Ground et Population Services International à Madagascar. Il a également coordonné des projets pour l'ACAT Madagascar entre 2010 et 2012. Rédacteur pour Vortexlab Digital Marketing depuis 2021, il est directeur de la publication et rédacteur en chef de cmu.fr, où il rédige l'ensemble des guides consacrés à la protection sociale française. Sa méthode : partir des textes et barèmes publiés par les sources officielles — Légifrance, service-public.gouv.fr, ameli.fr, la DREES et les ministères — les traduire en langage clair, et les citer systématiquement pour que chaque lecteur puisse remonter à la source.