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ASPA : montants 2026, conditions et récupération sur succession

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L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) garantit un revenu minimum aux retraités de 65 ans et plus dont les pensions sont faibles ou inexistantes. Depuis le 1er janvier 2026, elle porte les ressources à 1 043,59 € par mois pour une personne seule et 1 620,18 € pour un couple. Ce guide détaille les conditions, le calcul, la demande et la question, souvent mal comprise, de la récupération sur la succession. Montants vérifiés le 15 septembre 2026 sur service-public.gouv.fr ; contrairement aux autres minima sociaux, l’ASPA est revalorisée au 1er janvier, pas au 1er avril.

Qui peut la demander

Il faut avoir 65 ans, ou l’âge légal de départ à la retraite (62 à 64 ans selon l’année de naissance) en cas d’inaptitude au travail reconnue, d’incapacité permanente d’au moins 50 %, de retraite anticipée pour handicap, ou pour les anciens combattants et prisonniers de guerre. Il faut résider en France de façon stable, c’est-à-dire y avoir son foyer permanent ou y séjourner plus de neuf mois par an, les absences à l’étranger ne pouvant dépasser trois mois cumulés dans l’année. Les personnes de nationalité étrangère hors Espace économique européen et Suisse doivent en plus détenir depuis au moins dix ans, sans interruption, un titre de séjour autorisant à travailler, sauf réfugiés, apatrides, bénéficiaires de la protection subsidiaire et anciens combattants.

La dernière condition porte sur les ressources : celles du foyer, sur les trois mois précédant la demande (ou les douze mois si c’est plus favorable), doivent être inférieures aux plafonds ci-dessous. Il n’est pas nécessaire d’avoir cotisé : une personne qui n’a jamais travaillé y a droit si elle remplit les autres conditions.

Montants et plafonds 2026

Montant mensuel maximal Plafond annuel de ressources
Personne seule 1 043,59 € 12 523,14 €
Couple (mariage, PACS ou concubinage) 1 620,18 € 19 442,21 €

L’ASPA est une allocation différentielle : elle verse la différence entre le plafond et les ressources. Une personne seule qui perçoit 600 € de retraite reçoit 443,59 € d’ASPA ; un couple dont les pensions cumulées atteignent 1 300 € reçoit 320,18 €. Si les ressources dépassent le plafond, rien n’est versé.

Presque toutes les ressources comptent : retraites de base et complémentaires, pensions de réversion, revenus du patrimoine, pensions alimentaires. Les biens immobiliers autres que la résidence principale et les capitaux placés sont comptés pour 3 % de leur valeur par an, qu’ils produisent ou non des revenus. Ne comptent pas : les aides au logement, les prestations familiales, la retraite du combattant, l’allocation personnalisée d’autonomie, et la valeur de la résidence principale. Les revenus d’une activité professionnelle bénéficient d’un abattement de 1 640,72 € par trimestre pour une personne seule et 2 734,55 € pour un couple : un retraité au minimum peut donc travailler un peu sans perdre son allocation.

Le cas des couples obéit à des règles particulières : plafond de ressources commun, et versement plafonné au montant personne seule lorsqu’un seul des deux conjoints remplit les conditions. Elles sont détaillées dans notre article sur l’ASPA pour un couple.

Comment la demander

L’ASPA n’est jamais attribuée automatiquement. Les personnes qui perçoivent déjà une retraite s’adressent à leur caisse principale : l’Assurance retraite (Carsat, ou Cnav en Île-de-France) pour les anciens salariés et indépendants, la MSA pour les agricoles, la caisse du régime spécial pour les autres, avec le formulaire de demande d’ASPA disponible sur lassuranceretraite.fr ou dans les agences. Les personnes qui n’ont droit à aucune retraite déposent leur demande auprès du service de l’ASPA (SASPA), géré par la MSA depuis 2020,, en général par l’intermédiaire de la mairie ou du centre communal d’action sociale, qui transmet le dossier.

Le dossier comprend une pièce d’identité, un justificatif de domicile, le titre de séjour le cas échéant, le dernier avis d’imposition, les justificatifs de toutes les ressources du foyer et un relevé d’identité bancaire. La caisse instruit en deux mois environ. L’allocation est due à partir du premier jour du mois qui suit la réception de la demande, jamais avant : une demande déposée tard fait perdre les mois écoulés. Elle peut être déposée quelques mois avant le 65e anniversaire, pour un premier versement dès le mois qui suit.

Chaque année, le bénéficiaire reçoit une déclaration de ressources à retourner ; tout changement (mise en couple, séparation, décès du conjoint, nouvelle pension, déménagement, séjour prolongé hors de France) doit être signalé sans attendre.

La récupération sur la succession

C’est le point qui fait hésiter le plus de personnes, souvent à tort. Au décès du bénéficiaire, les sommes versées au titre de l’ASPA peuvent être reprises sur sa succession, mais seulement si l’actif net de celle-ci dépasse un seuil, et seulement sur la part qui dépasse ce seuil. En 2026, le seuil est de 108 586,14 € en métropole et de 150 000 € en Guadeloupe, Guyane, Martinique et à La Réunion (jusqu’au 31 décembre 2029). La récupération est en outre plafonnée, par année d’allocation perçue, à 8 463,42 € pour une personne seule et 11 322,77 € pour un couple. Le conjoint survivant, ou l’héritier qui était à la charge du défunt, peut demander que la récupération soit reportée jusqu’à son propre décès.

Concrètement, une personne qui laisse une maison estimée 90 000 € et peu d’épargne n’est pas concernée : ses héritiers ne rembourseront rien. Une personne qui laisse 140 000 € et a perçu dix ans d’ASPA à 400 € par mois (48 000 €) verra la caisse récupérer au plus 31 413,86 € (140 000 − 108 586,14), montant inférieur au plafond de 84 634 € pour dix ans. La résidence principale n’est pas exclue du calcul de l’actif : c’est sa valeur qui fait le plus souvent dépasser le seuil.

Ce que l’ASPA change pour la santé

Le plafond de l’ASPA pour une personne seule (12 523 € par an) est supérieur au plafond de la complémentaire santé solidaire gratuite (10 421 €) mais inférieur à celui de la C2S avec participation (14 069 €) : un bénéficiaire de l’ASPA seul y a donc droit pour 30 € par mois au plus, avec le tiers payant intégral, aucun dépassement d’honoraires, et les paniers 100 % Santé. La demande de C2S se fait à la CPAM, indépendamment de l’ASPA.

Questions fréquentes

L’ASPA est-elle imposable ?
Non, et elle n’est pas soumise à la CSG. Elle ne compte pas non plus dans le revenu fiscal de référence.

Peut-on la percevoir en vivant une partie de l’année à l’étranger ?
Oui, à condition de rester en France plus de neuf mois par an, soit au plus trois mois d’absence cumulés. Au-delà, l’allocation est suspendue. Les caisses vérifient la résidence, notamment par les mouvements bancaires et les remboursements de soins.

Que devient l’ASPA au décès du conjoint ?
Le survivant passe au plafond « personne seule ». Il faut le signaler à la caisse, qui recalcule le montant ; une pension de réversion éventuelle est prise en compte.

Peut-on refuser l’ASPA pour protéger l’héritage ?
Oui, personne n’est obligé de la demander. Mais dans la plupart des cas, la succession restera sous le seuil et rien ne sera repris ; renoncer à plusieurs centaines d’euros par mois pour cette raison est rarement un bon calcul. Une simulation auprès de la caisse ou d’un point d’information France services permet de trancher.

Quelle différence avec le minimum contributif ?
Le minimum contributif relève à un plancher la retraite des personnes qui ont une carrière complète mais de faibles salaires ; il ne dépend pas des autres ressources et n’est pas récupérable sur la succession. L’ASPA intervient ensuite, si le total reste sous le plafond.

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A propos de l'auteur,
Rivo Raphaël Chreçant

Rivo Raphaël Chreçant est journaliste et sociologue. Titulaire d'un master 2 de sociologie de l'éducation et de la famille (Université d'Antananarivo), il a exercé comme journaliste à La Gazette de la Grande Île de 2015 à 2018, après avoir dirigé la rédaction de la revue étudiante Socio Mag et travaillé comme journaliste web et traducteur pour les ONG Search for Common Ground et Population Services International à Madagascar. Il a également coordonné des projets pour l'ACAT Madagascar entre 2010 et 2012. Rédacteur pour Vortexlab Digital Marketing depuis 2021, il est directeur de la publication et rédacteur en chef de cmu.fr, où il rédige l'ensemble des guides consacrés à la protection sociale française. Sa méthode : partir des textes et barèmes publiés par les sources officielles — Légifrance, service-public.gouv.fr, ameli.fr, la DREES et les ministères — les traduire en langage clair, et les citer systématiquement pour que chaque lecteur puisse remonter à la source.