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Dépistages des cancers : âges, rythme et prise en charge

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© Illustration cmu.fr

La France organise trois programmes nationaux de dépistage des cancers : le sein, le côlon et le rectum, le col de l’utérus. Chacun a ses âges, son rythme et ses règles de prise en charge — et contrairement à ce qu’on lit souvent, ils ne sont pas tous gratuits.

Cette page donne, pour chacun, qui est invité, à quel âge, à quel rythme, ce que l’Assurance maladie paie et comment obtenir l’examen ou le test. Règles vérifiées le 1er novembre 2026 sur service-public.gouv.fr et ameli.fr.

Les trois programmes en un tableau

Dépistage Qui Rythme Prise en charge
Cancer du sein femmes de 50 à 74 ans tous les 2 ans 100 %, sans avance de frais
Cancer colorectal femmes et hommes de 50 à 74 ans tous les 2 ans 100 %, sans avance de frais
Cancer du col de l’utérus femmes de 25 à 65 ans variable selon l’âge analyse 100 %, prélèvement 70 %

C’est la dernière ligne qui surprend le plus : le dépistage du col de l’utérus est le seul des trois à laisser un reste à charge possible. Nous y revenons plus bas.

Le cancer du sein

Le programme existe depuis 2004. Les femmes de 50 à 74 ans sont invitées tous les deux ans à réaliser un examen clinique des seins et une mammographie. Les deux sont pris en charge à 100 %, sans avance de frais : rien à régler chez le radiologue agréé, rien à se faire rembourser ensuite.

L’invitation initiale arrive par courrier postal. En revanche, depuis 2024, les relances, à six puis douze mois, sont déposées dans l’espace personnel du compte ameli ; seules les personnes sans compte les reçoivent encore par courrier. Une femme qui pense n’avoir « rien reçu » a donc souvent été relancée sans le savoir.

Le dépistage organisé n’empêche pas un suivi plus rapproché si votre médecin l’estime nécessaire : dans ce cas, vous sortez du programme organisé et entrez dans un suivi individuel, dont les règles de remboursement sont celles des examens courants.

Le cancer colorectal

Le programme existe depuis 2008-2009 et concerne les femmes et les hommes de 50 à 74 ans, tous les deux ans. Il repose sur un test de recherche de sang dans les selles, indolore, à faire chez soi.

Le kit se commande gratuitement en ligne, ou se retire chez le pharmacien ou le médecin, et le retour par courrier est gratuit lui aussi. L’ensemble est pris en charge à 100 %, sans avance de frais. C’est, des trois, le dépistage le plus simple à obtenir : pas de rendez-vous, pas de déplacement, pas de salle d’attente.

Autre point pratique : les résultats sont envoyés par SMS si vous avez communiqué un numéro de téléphone. Sinon, ils arrivent par courrier. Les relances, comme pour le sein, peuvent être déposées sur le compte ameli plutôt qu’expédiées.

Le cancer du col de l’utérus

Le programme, le plus récent des trois, existe depuis 2018 et concerne les femmes de 25 à 65 ans. Son rythme n’est pas uniforme : il change à 30 ans, et c’est le point que presque personne ne connaît.

Âge Rythme du dépistage
de 25 à 29 ans deux examens à un an d’intervalle, puis un examen trois ans plus tard
de 30 à 65 ans un test HPV trois ans après le dernier frottis normal, puis tous les cinq ans

Côté argent, c’est l’exception des trois programmes. L’analyse est prise en charge à 100 % sur présentation de l’invitation, papier ou dématérialisée, mais le prélèvement ne l’est qu’à 70 %. Les 30 % restants constituent un ticket modérateur, normalement réglé par votre mutuelle. Autrement dit : ce dépistage est organisé et fortement pris en charge, mais il n’est pas, au sens strict, gratuit.

Les invitations de ce programme sont déposées dans le compte ameli, où elles restent six mois, ou envoyées par courrier aux personnes sans compte ; les anciennes étiquettes d’identification à code-barres ont été supprimées — vous n’avez plus à les chercher dans le courrier.

Comment on est invité, et pourquoi beaucoup ne le voient pas

Le principe est le même pour les trois : l’Assurance maladie identifie les personnes concernées par leur âge et leur adresse une invitation, puis des relances si rien ne se passe.

Ce qui a changé depuis 2024, c’est le canal. Les invitations et les relances sont déposées dans l’espace personnel du compte ameli au lieu d’être systématiquement postées. Pour le sein, le premier courrier reste postal mais les deux relances ne le sont plus. Pour le col de l’utérus, l’invitation est déposée dans le compte ameli, et envoyée par courrier seulement en l’absence de compte.

La conséquence est simple : si vous ne consultez jamais votre compte ameli, vous pouvez passer à côté de votre dépistage sans jamais l’avoir su. Il est donc utile d’y jeter un œil, ou d’activer les notifications. Rien n’empêche par ailleurs de demander un dépistage à son médecin sans attendre d’invitation : l’âge suffit à y donner droit.

Ce que la complémentaire santé solidaire change

Pour le sein et le colorectal, rien : ils sont déjà à 100 % sans avance de frais. L’intérêt se situe sur le col de l’utérus, dont le prélèvement laisse 30 % à payer. Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire relèvent du tiers payant intégral : ils ne font pas l’avance des frais sur les soins remboursables, et ce reste à charge ne leur est pas facturé.

Ce que cette page ne dit pas

Nous traitons ici les conditions de prise en charge et les démarches, pas la médecine. Cette page ne dit pas si un dépistage est pertinent dans votre situation, ne discute pas les débats scientifiques qui entourent certains d’entre eux, et ne vous indique pas quoi faire d’un résultat.

Pour ces questions, l’interlocuteur est votre médecin traitant, et la référence publique l’Institut national du cancer (cancer.gouv.fr). Nous ne délivrons aucun conseil médical personnalisé.

Questions fréquentes

Le dépistage du col de l’utérus est-il gratuit ?
Non, pas entièrement. L’analyse est prise en charge à 100 %, mais le prélèvement seulement à 70 %. Les 30 % restants relèvent de votre mutuelle, ou sont couverts si vous bénéficiez de la complémentaire santé solidaire.

J’ai 32 ans, à quel rythme dois-je me faire dépister ?
Le programme prévoit un test tous les cinq ans à partir de 30 ans, le premier trois ans après le dernier frottis normal. Le rythme rapproché — deux examens à un an d’intervalle, puis un troisième trois ans après — concerne la tranche des 25 à 29 ans.

Je n’ai reçu aucune invitation, ai-je quand même droit au dépistage ?
Oui. L’âge suffit à ouvrir le droit. Vous pouvez en parler à votre médecin ou, pour le colorectal, commander directement votre kit. Vérifiez aussi votre compte ameli : depuis 2024, les relances y sont déposées plutôt que postées.

Comment recevoir le test colorectal ?
Le kit se commande gratuitement en ligne ou se retire chez le pharmacien ou le médecin ; il se réalise chez soi et se renvoie par courrier, le retour étant gratuit. Si vous avez donné un numéro de téléphone, les résultats vous parviennent par SMS.

Faut-il une mutuelle pour le dépistage du sein ?
Non. L’examen clinique et la mammographie du programme organisé sont pris en charge à 100 % sans avance de frais.

Et les autres examens de prévention gratuits ?
Ils existent et ne se limitent pas aux cancers : voyez notre page sur le bilan de santé gratuit, qui détaille l’examen de prévention en santé et les quatre rendez-vous de « Mon bilan prévention ». Côté vaccins, nous récapitulons ce qui est obligatoire, recommandé et remboursé.

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A propos de l'auteur,
Rivo Raphaël Chreçant

Rivo Raphaël Chreçant est journaliste et sociologue. Titulaire d'un master 2 de sociologie de l'éducation et de la famille (Université d'Antananarivo), il a exercé comme journaliste à La Gazette de la Grande Île de 2015 à 2018, après avoir dirigé la rédaction de la revue étudiante Socio Mag et travaillé comme journaliste web et traducteur pour les ONG Search for Common Ground et Population Services International à Madagascar. Il a également coordonné des projets pour l'ACAT Madagascar entre 2010 et 2012. Rédacteur pour Vortexlab Digital Marketing depuis 2021, il est directeur de la publication et rédacteur en chef de cmu.fr, où il rédige l'ensemble des guides consacrés à la protection sociale française. Sa méthode : partir des textes et barèmes publiés par les sources officielles — Légifrance, service-public.gouv.fr, ameli.fr, la DREES et les ministères — les traduire en langage clair, et les citer systématiquement pour que chaque lecteur puisse remonter à la source.