L’Assurance maladie rembourse 80 % du tarif de la Sécurité sociale pour un séjour à l’hôpital ou en clinique conventionnée. Mais ce pourcentage ne dit presque rien de ce que vous paierez réellement : dès que l’intervention dépasse 120 € de tarif, une règle différente s’applique, et le forfait journalier reste dû dans tous les cas.
Cette page détaille poste par poste ce qui reste à votre charge, avec deux exemples chiffrés, les situations de prise en charge intégrale et le cas particulier d’un passage aux urgences sans hospitalisation.
Ce que l’Assurance maladie prend en charge
Les frais de séjour — hébergement, soins infirmiers, médicaments, examens, bloc opératoire — sont remboursés à 80 % du tarif de la Sécurité sociale. Les 20 % restants forment le ticket modérateur, pris en charge par votre complémentaire santé dans la quasi-totalité des contrats.
L’exception est en réalité la règle pour une opération. Lorsqu’un acte porte un tarif égal ou supérieur à 120 €, ou un coefficient égal ou supérieur à 60, le ticket modérateur de 20 % disparaît et laisse place à une participation forfaitaire de 32 €, quel que soit le coût de l’intervention. Ce montant est passé de 24 € à 32 € le 1er mars 2026.
Autrement dit : pour une appendicectomie facturée 3 200 €, vous ne devez pas 640 € de ticket modérateur, mais 32 €. Cette participation est un reste à charge que votre complémentaire peut rembourser, contrairement à la participation forfaitaire de 2 € et aux franchises médicales.
Le respect du parcours de soins coordonnés n’entre pas en jeu ici : la minoration de remboursement prévue hors parcours ne concerne que les consultations de médecins, jamais les frais de séjour hospitalier.
Le forfait journalier hospitalier
Le forfait journalier représente votre participation aux frais d’hébergement et d’entretien. Il est dû pour chaque journée passée à l’hôpital, jour de sortie compris, et n’est jamais remboursé par l’Assurance maladie.
| Type de séjour | Montant depuis le 1er mars 2026 |
|---|---|
| Hospitalisation complète, avec nuitée | 23 € par jour |
| Service de psychiatrie | 17 € par jour |
| Hospitalisation de jour, sans nuitée | Aucun forfait |
Les contrats de complémentaire dits responsables doivent le prendre en charge sans limitation de durée.
En sont dispensés : les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et de l’aide médicale de l’État, les femmes enceintes à partir du sixième mois de grossesse et jusqu’au douzième jour après l’accouchement, les nouveau-nés hospitalisés dans les trente jours suivant leur naissance, les victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, les pensionnés de guerre et les donneurs d’organes.
Ce qui reste réellement à votre charge
| Poste | Montant | Remboursable par la mutuelle |
|---|---|---|
| Participation forfaitaire, acte au tarif ≥ 120 € | 32 € | Oui |
| Ticket modérateur, acte au tarif < 120 € | 20 % du tarif | Oui |
| Forfait journalier | 23 € par jour, 17 € en psychiatrie | Oui, sans limite de durée |
| Chambre particulière | 50 € à 150 € par nuit selon l’établissement | Selon le contrat |
| Dépassements d’honoraires | Libres en secteur 2 | Selon le contrat |
| Télévision, téléphone, lit accompagnant | Tarif de l’établissement | Rarement |
La chambre particulière n’est jamais prise en charge par l’Assurance maladie, sauf lorsqu’elle est médicalement justifiée — isolement imposé par l’état du patient. Le lit accompagnant relève lui aussi de l’établissement : il est facturé ou offert selon l’hôpital, parfois remboursé par la complémentaire, jamais par la Sécurité sociale.
Deux exemples chiffrés
Appendicectomie en hôpital public, deux jours. Le séjour est facturé 3 200 €. L’acte dépassant 120 €, la participation forfaitaire de 32 € remplace le ticket modérateur. S’ajoute le forfait journalier, soit 2 × 23 € = 46 €. Le reste à charge avant mutuelle s’élève donc à 78 €, et non à 640 € comme le laisserait croire un calcul à 20 %. Avec un contrat responsable, il tombe à zéro.
Prothèse de hanche en clinique privée, cinq jours. Le séjour est facturé 8 500 €, avec 800 € de dépassements d’honoraires du chirurgien. Vous devez 32 € de participation forfaitaire, 115 € de forfait journalier (5 × 23 €) et les 800 € de dépassements, soit 947 € avant intervention de la mutuelle. Un contrat couvrant la participation, le forfait et 300 € de dépassements ramène le reste à charge à 500 €.
Ces deux exemples montrent où se joue vraiment la facture : non pas dans le ticket modérateur, mais dans les dépassements d’honoraires et le confort hôtelier.
Les cas de prise en charge intégrale
Dans plusieurs situations, l’Assurance maladie couvre 100 % du tarif et vous n’avez ni ticket modérateur ni participation forfaitaire à régler. Le forfait journalier, lui, reste dû sauf exonération spécifique.
| Situation | Prise en charge | Forfait journalier |
|---|---|---|
| Au-delà de 30 jours consécutifs | 100 % à partir du 31e jour | Dû |
| Affection de longue durée, soins liés à l’ALD | 100 % | Dû |
| Maternité, du 6e mois au 12e jour après l’accouchement | 100 % | Exonéré |
| Nouveau-né hospitalisé dans ses 30 premiers jours | 100 % | Exonéré |
| Accident du travail ou maladie professionnelle | 100 % | Exonéré |
| Bénéficiaire de la C2S ou de l’AME | 100 % | Exonéré |
Un passage aux urgences sans hospitalisation
C’est le cas le plus fréquent, et il obéit à une règle distincte. Si votre passage aux urgences ne débouche pas sur une hospitalisation, vous acquittez un montant unique appelé forfait patient urgences, fixé à 23 € depuis le 1er mars 2026. Il remplace le ticket modérateur sur l’ensemble des actes réalisés.
Ce forfait est ramené à 9,96 € pour les personnes en affection de longue durée, les titulaires d’une pension d’invalidité et les victimes d’un accident du travail. Les femmes enceintes à partir du sixième mois, les nouveau-nés de moins de trente jours et les bénéficiaires de l’AME en sont exonérés.
Si le passage se termine par une hospitalisation, même quelques heures en unité de courte durée, le forfait n’est pas dû : c’est le régime de l’hospitalisation qui s’applique.
Situations particulières
Hospitalisation d’un enfant
Contrairement à une idée répandue, un enfant hospitalisé n’ouvre pas droit à une prise en charge à 100 %. Son séjour est remboursé à 80 % comme celui d’un adulte, ou soumis à la participation forfaitaire de 32 € si l’acte dépasse 120 €, et le forfait journalier reste dû. Seuls les nouveau-nés hospitalisés dans les trente jours suivant leur naissance bénéficient d’une prise en charge intégrale et de l’exonération du forfait.
Les frais d’accompagnement d’un parent — lit, repas — sont facturés par l’établissement selon sa propre grille et ne relèvent pas de l’Assurance maladie. Notre page sur l’accompagnant à l’hôpital détaille ce point.
Maternité
À partir du sixième mois de grossesse et jusqu’au douzième jour suivant l’accouchement, l’ensemble des frais est pris en charge à 100 %, forfait journalier compris. La chambre particulière et les dépassements restent à votre charge ou à celle de votre mutuelle.
Accident du travail et maladie professionnelle
La prise en charge est intégrale, sans avance de frais, et le forfait journalier n’est pas dû. Les dépassements d’honoraires demeurent à votre charge.
Hospitalisation à l’étranger
Dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège et en Suisse, la carte européenne d’assurance maladie donne accès aux soins aux conditions du pays de séjour. Hors de cette zone, les frais sont à avancer et le remboursement, s’il a lieu, s’effectue sur la base des tarifs français, souvent très inférieurs au coût réel : une assurance voyage est indispensable.
Les démarches
Pour une hospitalisation programmée, présentez à l’admission une pièce d’identité, votre carte Vitale à jour et l’attestation de votre complémentaire santé. L’établissement établit un bulletin de situation, qui vous servira auprès de votre employeur et de votre caisse.
Lorsque l’intervention se déroule sous anesthésie, une consultation pré-anesthésique est obligatoire. Elle doit avoir lieu plusieurs jours avant l’opération, et au minimum quarante-huit heures avant, afin de laisser le temps d’éventuels examens complémentaires. Une seconde visite a lieu juste avant l’intervention.
En cas d’admission en urgence, la régularisation administrative se fait ensuite, sans que l’absence de documents puisse retarder les soins.
Avant une intervention comportant des dépassements, le praticien doit vous remettre un devis écrit. Comparez-le aux garanties de votre contrat avant de signer : c’est le seul moment où vous pouvez encore arbitrer.
Vos droits pendant le séjour
Vous choisissez librement votre établissement, public ou privé conventionné. Vous avez accès à votre dossier médical, vous pouvez désigner une personne de confiance, et vous êtes en droit de refuser un traitement : le médecin doit alors vous informer des conséquences et tout mettre en œuvre pour vous convaincre, mais il ne peut pas passer outre votre volonté.
Les établissements publics et les établissements de santé privés d’intérêt collectif (ESPIC) appliquent les tarifs de la Sécurité sociale sans dépassement. En clinique privée à but lucratif, les honoraires sont libres pour les praticiens de secteur 2.
Une réclamation se dépose auprès de la commission des usagers de l’établissement. En cas de litige sur une facture, vous pouvez saisir le médiateur de l’établissement, puis le conciliateur de votre caisse.
Questions fréquentes
Un passage aux urgences coûte-t-il quelque chose si je ne suis pas hospitalisé ?
Oui, le forfait patient urgences de 23 €, réduit à 9,96 € en affection de longue durée.
La mutuelle rembourse-t-elle la participation forfaitaire de 32 € ?
Oui. Elle est assimilée au ticket modérateur, que les contrats responsables doivent couvrir. Ce n’est pas le cas de la participation forfaitaire de 2 € ni des franchises médicales, qui restent définitivement à votre charge.
Le forfait journalier est-il dû le jour de la sortie ?
Oui, il est décompté par journée entamée, jour de sortie inclus.
Suis-je moins bien remboursé si je n’ai pas déclaré de médecin traitant ?
Non, pas pour une hospitalisation. La minoration hors parcours de soins ne s’applique qu’aux consultations de médecins.
Sources : service-public.gouv.fr, déroulement d’une hospitalisation, ticket modérateur, forfaits et franchises et arrêté du 27 février 2026 fixant le forfait journalier hospitalier et le forfait patient urgences.



