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Montant du RSA 2026 : barème, calcul et revalorisation

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Le RSA (revenu de solidarité active) garantit un revenu minimum aux personnes de 25 ans et plus qui n’ont pas ou presque pas de ressources. Son montant a été revalorisé de 0,8 % au 1er avril 2026, en même temps que les autres minima sociaux. Pour une personne seule sans ressources, il s’élève désormais à 651,69 € par mois.

Ce montant est celui fixé par le décret n° 2026-220 du 30 mars 2026. Il reste en vigueur jusqu’au 31 mars 2027. Vous trouverez ci-dessous le barème complet selon la composition du foyer, la méthode de calcul appliquée par la CAF et la MSA, et les points qui font le plus souvent l’objet de questions.

Le barème du RSA depuis le 1er avril 2026

Le montant de 651,69 € est ce qu’on appelle le montant forfaitaire. Il correspond au RSA versé à une personne seule, sans enfant, sans aucune ressource et qui paie un loyer. Tous les autres montants du barème en découlent par des majorations : 50 % de plus pour un couple, 30 % par enfant pour les deux premiers, 40 % à partir du troisième.

Composition du foyer Montant mensuel maximal
Personne seule 651,69 €
Personne seule avec 1 enfant 977,54 €
Personne seule avec 2 enfants 1 173,05 €
Couple sans enfant 977,54 €
Couple avec 1 enfant 1 173,05 €
Couple avec 2 enfants 1 368,55 €
Par enfant supplémentaire (à partir du 3e) + 260,68 €

Les parents isolés bénéficient d’une majoration spécifique pendant douze mois (ou jusqu’aux trois ans du plus jeune enfant). Elle s’applique aussi aux femmes enceintes qui vivent seules.

Parent isolé Montant mensuel maximal
Femme enceinte, sans enfant à charge 836,85 €
Parent isolé avec 1 enfant 1 115,80 €
Parent isolé avec 2 enfants 1 394,75 €
Par enfant supplémentaire + 278,95 €

Source : décret n° 2026-220 du 30 mars 2026 et ministère des Solidarités, revalorisation du 1er avril 2026. Montants vérifiés le 5 septembre 2026 ; prochaine revalorisation le 1er avril 2027.

Ces chiffres sont des plafonds. Dans les faits, la plupart des allocataires perçoivent moins, parce que le RSA vient compléter les ressources existantes jusqu’à ce niveau et non s’y ajouter.

Comment la CAF calcule votre RSA

Le principe est simple : RSA versé = montant forfaitaire de votre foyer − ressources du foyer. Les ressources retenues sont la moyenne mensuelle de celles perçues au cours des trois mois précédant la demande, puis de chaque trimestre suivant.

Presque tout compte : salaires, allocations chômage, indemnités journalières, pensions de retraite ou d’invalidité, pensions alimentaires reçues, revenus locatifs. Les allocations familiales entrent aussi dans le calcul. En revanche, la prime d’activité, l’allocation de rentrée scolaire et l’AEEH ne sont pas prises en compte.

Le patrimoine qui ne produit pas de revenus (un logement inoccupé, une épargne non rémunérée) est évalué à 3 % de sa valeur par an, montant qui est ensuite mensualisé et ajouté aux ressources.

Le forfait logement

Si vous percevez une aide au logement (APL, ALS, ALF), si vous êtes propriétaire de votre logement ou si vous êtes hébergé gratuitement, la CAF déduit un forfait logement. Il est fixé en pourcentage du montant forfaitaire : 12 % pour une personne, 16 % pour deux, 16,5 % à partir de trois.

Personnes au foyer Forfait logement déduit
1 78,20 €
2 156,41 €
3 et plus 193,55 €

Trois exemples chiffrés

Une personne seule, sans aucun revenu, locataire avec APL. Montant forfaitaire 651,69 €, moins le forfait logement de 78,20 €. RSA versé : 573,49 € par mois.

Une mère seule avec un enfant, qui travaille à temps partiel pour 450 € nets par mois. Elle relève du barème « parent isolé » si la séparation date de moins d’un an, soit 1 115,80 €. Ses ressources de 450 € sont déduites : 665,80 €, avant forfait logement éventuel. Elle peut en plus demander la prime d’activité, qui n’est pas déduite du RSA.

Un couple avec un enfant, dont l’un perçoit 600 € d’allocation chômage. Montant forfaitaire 1 173,05 €, moins 600 €, moins le forfait logement de 193,55 € s’ils touchent une aide au logement. RSA versé : 379,50 €.

Le RSA n’est pas versé lorsque le résultat du calcul est inférieur à 6 €.

Qui peut le demander

Il faut avoir au moins 25 ans et résider en France de façon stable, c’est-à-dire y passer au moins neuf mois par an. La condition d’âge tombe pour les personnes qui ont un enfant à charge ou attendent un enfant, et pour les jeunes de 18 à 24 ans qui ont travaillé l’équivalent de deux ans à temps plein au cours des trois dernières années.

Les ressortissants européens doivent justifier d’un droit au séjour et, sauf exceptions, résider en France depuis au moins trois mois. Les personnes de nationalité extra-européenne doivent détenir depuis au moins cinq ans un titre de séjour autorisant à travailler, sauf si elles sont réfugiées, apatrides ou titulaires d’une carte de résident.

Les étudiants, les élèves et les stagiaires non rémunérés n’y ont pas droit, sauf s’ils sont parents isolés. Les personnes en congé parental, sabbatique ou sans solde non plus. Après 65 ans, c’est l’ASPA qui prend le relais. Le détail des conditions figure sur service-public.gouv.fr.

Ce que le RSA implique depuis 2025

Depuis le 1er janvier 2025, toute personne qui demande le RSA est automatiquement inscrite à France Travail (l’ancien Pôle emploi), de même que son conjoint. Chaque allocataire signe un contrat d’engagement qui prévoit en principe quinze heures d’activité par semaine : recherche d’emploi, formation, immersion en entreprise, démarches d’insertion ou de santé. Ce volume peut être réduit ou adapté selon la situation, notamment pour les parents isolés sans solution de garde ou les personnes en situation de handicap.

Le non-respect du contrat peut entraîner une suspension partielle de l’allocation, dite « suspension-remobilisation », puis une radiation en cas de manquements répétés. Les sommes suspendues sont reversées si la personne se remet en conformité dans un certain délai.

La déclaration trimestrielle de ressources reste obligatoire. Depuis 2025, elle est progressivement préremplie par la CAF avec les revenus transmis par les employeurs et les organismes sociaux ; il faut la vérifier et la compléter, mais plus la remplir de zéro.

Comment faire la demande

La demande se fait en ligne sur caf.fr (ou msa.fr pour le régime agricole), en une seule démarche qui vaut aussi pour la prime d’activité. Vous pouvez d’abord estimer vos droits avec le simulateur de la CAF, sans créer de compte. Le RSA est dû à partir du premier jour du mois de la demande, et le premier versement intervient généralement dans les deux mois.

Le RSA se cumule avec les aides au logement, les allocations familiales et la complémentaire santé solidaire, à laquelle les allocataires du RSA ont droit gratuitement et sans nouvelle étude de ressources.

Questions fréquentes

Le RSA est-il imposable ?
Non. Il n’a pas à être déclaré aux impôts. Il n’est pas non plus saisissable, sauf pour le remboursement d’un trop-perçu de RSA lui-même.

Peut-on travailler et toucher le RSA ?
Oui, tant que les ressources du foyer restent en dessous du montant forfaitaire. Le RSA complète alors le salaire, et la prime d’activité peut s’y ajouter.

Le montant change-t-il tous les ans ?
Oui, au 1er avril, en fonction de l’inflation constatée. En 2026 la hausse a été de 0,8 % ; elle avait été de 1,7 % en 2025 et de 4,6 % en 2024.

Que faire en cas de déménagement ?
Le signaler à la CAF dans le mois. En cas de changement de département, le dossier est transféré et les droits continuent sans interruption.

Comment contester une décision ?
Un recours administratif préalable est obligatoire : il s’adresse au président du conseil départemental, dans les deux mois qui suivent la décision. Ce n’est qu’après sa réponse (ou son silence pendant deux mois) que le tribunal administratif peut être saisi.

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A propos de l'auteur,
Rivo Raphaël Chreçant

Rivo Raphaël Chreçant est journaliste et sociologue. Titulaire d'un master 2 de sociologie de l'éducation et de la famille (Université d'Antananarivo), il a exercé comme journaliste à La Gazette de la Grande Île de 2015 à 2018, après avoir dirigé la rédaction de la revue étudiante Socio Mag et travaillé comme journaliste web et traducteur pour les ONG Search for Common Ground et Population Services International à Madagascar. Il a également coordonné des projets pour l'ACAT Madagascar entre 2010 et 2012. Rédacteur pour Vortexlab Digital Marketing depuis 2021, il est directeur de la publication et rédacteur en chef de cmu.fr, où il rédige l'ensemble des guides consacrés à la protection sociale française. Sa méthode : partir des textes et barèmes publiés par les sources officielles — Légifrance, service-public.gouv.fr, ameli.fr, la DREES et les ministères — les traduire en langage clair, et les citer systématiquement pour que chaque lecteur puisse remonter à la source.