Le montant de la prime d’activité n’est pas lu dans un barème : il résulte d’un calcul en quatre termes que la CAF applique à chaque trimestre. Comprendre ce calcul permet de savoir si l’on y a droit, d’anticiper l’effet d’une augmentation de salaire ou d’un changement familial, et de vérifier le montant notifié. Cette page le détaille pas à pas, avec les paramètres en vigueur depuis le 1er avril 2026 et cinq exemples chiffrés. Pour les conditions d’accès et la démarche, voir notre page sur la prime d’activité.
La formule
Prime = (montant forfaitaire du foyer + 61 % des revenus d’activité + bonifications individuelles) − (ressources du foyer + forfait logement). Si le résultat est inférieur à 15 €, rien n’est versé. Le calcul est fait sur la moyenne mensuelle des trois mois précédant la demande ou la déclaration trimestrielle, et le montant obtenu est versé pendant trois mois.
Les quatre termes
Le montant forfaitaire dépend de la composition du foyer. Il est fixé par le décret n° 2026-222 du 30 mars 2026 à 638,28 € pour une personne seule, majoré de 50 % pour un couple ou une personne seule avec un enfant, de 30 % par enfant pour les deux premiers et de 40 % à partir du troisième. Les parents isolés ont un montant majoré : 819,64 € pour une femme enceinte seule, plus 273,21 € par enfant à charge.
| Foyer | Montant forfaitaire |
|---|---|
| Personne seule | 638,28 € |
| Couple, ou personne seule + 1 enfant | 957,42 € |
| Couple + 1 enfant, ou personne seule + 2 enfants | 1 148,90 € |
| Couple + 2 enfants | 1 340,39 € |
| Enfant supplémentaire (3e et suivants) | + 255,31 € |
| Parent isolé + 1 enfant | 1 092,85 € |
| Parent isolé + 2 enfants | 1 366,06 € |
61 % des revenus d’activité : la CAF ajoute au forfaitaire une fraction des salaires nets, revenus d’indépendant et indemnités journalières de tout le foyer. C’est ce terme qui fait que travailler davantage augmente le revenu total : chaque euro gagné ne réduit la prime que de 39 centimes.
La bonification individuelle s’ajoute pour chaque membre du foyer qui travaille. Elle est nulle jusqu’à un revenu égal à la moitié du SMIC net mensuel, croît ensuite de façon linéaire, et atteint son maximum de 185,75 € à partir d’un revenu égal au SMIC net à temps plein, puis reste constante. Un couple où les deux travaillent à temps plein cumule deux bonifications, soit 371,50 €.
Les ressources du foyer sont retranchées en totalité : les revenus d’activité (cette fois à 100 %), les allocations chômage, les pensions, les revenus du patrimoine, les allocations familiales et le complément familial, la pension alimentaire reçue. Ne sont pas comptés : les aides au logement, remplacées par le forfait logement ci-dessous, l’allocation de rentrée scolaire, l’AEEH, la prime d’activité elle-même et le RSA.
Le forfait logement est retranché si le foyer perçoit une aide au logement, est propriétaire de son logement ou est logé gratuitement : 78,20 € pour une personne, 156,41 € pour deux, 193,55 € à partir de trois.
Montants vérifiés le 5 septembre 2026 ; prochaine revalorisation le 1er avril 2027.
Cinq exemples
1. Personne seule, temps partiel à 900 € nets, locataire avec APL. Bonification : revenu entre la moitié et la totalité du SMIC, environ 45 €. Calcul : 638,28 + 549 (61 % de 900) + 45 = 1 232,28 ; moins 900 et 78,20 : prime d’environ 254 €.
2. Personne seule au SMIC, 1 450 € nets, locataire avec APL. 638,28 + 884,50 + 185,75 = 1 708,53 ; moins 1 450 et 78,20 : prime d’environ 180 €.
3. Personne seule à 1 800 € nets, locataire avec APL. 638,28 + 1 098 + 185,75 = 1 922,03 ; moins 1 800 et 78,20 : 43,83 €. La prime est versée puisqu’elle dépasse 15 €. À 1 900 € nets, le résultat devient inférieur à 15 € et la prime s’arrête.
4. Couple, deux SMIC (2 × 1 450 €), deux enfants, allocations familiales 153 €, locataires avec APL. 1 340,39 + 1 769 (61 % de 2 900) + 371,50 = 3 480,89 ; moins 2 900, 153 et 193,55 : prime d’environ 234 €.
5. Parent isolé avec un enfant, 1 200 € nets, locataire avec APL. Bonification à 1 200 € : environ 122 €. 1 092,85 + 732 + 122 = 1 946,85 ; moins 1 200 et 156,41 : prime d’environ 590 €. Ce cas illustre l’effet de la majoration parent isolé, qui dure douze mois après la séparation ou jusqu’aux trois ans du plus jeune enfant.
Les bonifications intermédiaires sont ici estimées par interpolation ; le simulateur de la CAF, sur caf.fr, donne le montant exact en quelques minutes sans créer de compte.
Ce qui fait varier le montant
Une hausse de salaire réduit la prime de 39 % de la hausse tant que la bonification est au maximum, davantage entre la moitié et la totalité du SMIC où la bonification, elle, augmente : dans cette zone, gagner 100 € de plus peut laisser la prime presque inchangée. Une naissance augmente le forfaitaire de 191 à 255 € selon le rang mais ajoute les allocations familiales aux ressources à partir du deuxième enfant. Une mise en couple ajoute les revenus du conjoint aux ressources et fait perdre la majoration parent isolé. Un passage au chômage supprime le terme 61 % et la bonification, tout en ajoutant l’allocation chômage aux ressources : la prime disparaît généralement, sauf activité réduite conservée.
Questions fréquentes
Pourquoi le montant change-t-il tous les trois mois ?
Parce que la CAF recalcule à chaque déclaration trimestrielle sur les ressources des trois mois écoulés. Une prime de 180 € en janvier peut passer à 120 € en avril si des heures supplémentaires ont été payées entre-temps.
Les revenus d’un indépendant, comment sont-ils comptés ?
Pour un micro-entrepreneur, la CAF retient le chiffre d’affaires du trimestre après l’abattement forfaitaire fiscal (71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité). Pour les autres, le dernier bénéfice annuel connu, divisé par douze.
Un 13e mois ou une prime exceptionnelle sont-ils pris en compte ?
Oui, dans le trimestre où ils sont versés, ce qui réduit la prime des trois mois suivants. Depuis 2025, la déclaration est préremplie avec le montant net social des bulletins de paie, qui les inclut.
Le calcul est-il le même à la MSA ?
Oui. La MSA applique les mêmes paramètres pour les salariés et exploitants agricoles.



