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Ambulance : le remboursement par l’Assurance maladie

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© Ambulance : le remboursement par l’Assurance maladie - D/R

Le transport en ambulance représente un coût important pour les patients : entre 80€ et 300€ selon la distance parcourue. Heureusement, l’Assurance Maladie prend en charge une partie de ces frais sous certaines conditions. En 2025, selon les données de la DREES, près de 4 millions de transports sanitaires sont remboursés chaque année par la Sécurité sociale.

Le remboursement des ambulances dépend de votre situation médicale, du type de transport prescrit et de votre couverture complémentaire. Entre les transports d’urgence, les transferts programmés et les sorties d’hospitalisation, les règles de prise en charge varient considérablement.

Comment fonctionne le remboursement des ambulances

L’Assurance Maladie rembourse les transports en ambulance sur la base des tarifs de la convention nationale des transporteurs sanitaires : un forfait de prise en charge auquel s’ajoute un tarif kilométrique, tous deux variables selon le département, l’heure et le type de transport. Ces tarifs ne s’appliquent que si le transport est médicalement justifié et prescrit par un médecin ; l’ambulancier conventionné ne peut pas facturer au-delà.

La Sécurité sociale prend en charge 65% de ce tarif de base dans la plupart des cas. Pour une facture de 128 € au tarif conventionnel, l’Assurance Maladie rembourse 65 %, soit 83,20 €, dont elle retient la franchise de 4 € par transport : elle verse 79,20 € et il reste 48,80 € à votre charge, que la complémentaire couvre en général à l’exception de la franchise.

À titre de contexte, les dépenses remboursées par l’Assurance Maladie au titre des transports sanitaires ont atteint 6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,67 milliards pour les transporteurs sanitaires et 3,07 milliards pour les taxis conventionnés (DREES, Comptes de la santé — fiche Transports sanitaires).

Certaines situations bénéficient d’une prise en charge à 100% par l’Assurance Maladie :

  • Transports d’urgence vers l’hôpital
  • Patients en Affection de Longue Durée (ALD) pour les soins liés à leur pathologie
  • Femmes enceintes à partir du 6ème mois de grossesse
  • Patients hospitalisés pour une durée supérieure à 35 jours
  • Bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS)

La prescription médicale reste obligatoire, même pour les transports d’urgence. Le médecin doit justifier la nécessité du transport en position allongée ou sous surveillance médicale. Sans cette prescription, aucun remboursement n’est possible.

Les ambulances privées conventionnées appliquent directement le tiers payant : vous ne payez que la part non remboursée par l’Assurance Maladie. Les ambulances non conventionnées vous demandent le règlement intégral, charge à vous de demander le remboursement ensuite.

Qui peut bénéficier du remboursement ambulance

Tous les assurés sociaux peuvent prétendre au remboursement des transports en ambulance, à condition de respecter les critères médicaux. La prescription doit émaner d’un médecin traitant, d’un médecin hospitalier ou d’un médecin urgentiste selon les situations.

Les patients en ALD représentent la majorité des bénéficiaires. Diabète, cancer, insuffisance cardiaque : les 29 affections de la liste des ALD, ainsi que les ALD hors liste, donnent droit à une prise en charge à 100 % des transports liés à la maladie, sous déduction de la franchise de 4 €. La prescription doit mentionner explicitement le lien avec l’ALD.

Les femmes enceintes bénéficient d’un régime particulier. À partir du 6ème mois de grossesse, tous les transports médicaux sont pris en charge à 100%. Cette mesure concerne les consultations prénatales, les échographies et bien sûr l’accouchement.

Les personnes en situation de handicap ont également des droits spécifiques. Les patients en fauteuil roulant ou nécessitant un brancard bénéficient automatiquement du remboursement ambulance, même pour des consultations de routine.

Les bénéficiaires de la CSS (ancienne CMU-C) n’avancent aucun frais. L’ambulance facture directement l’Assurance Maladie et la complémentaire solidaire. Cette prise en charge concerne les plus de 7 millions de bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, qui sont aussi exonérés de la franchise.

Attention aux exclusions : les transports de confort, les retours à domicile après consultation externe ou les déplacements pour convenances personnelles ne sont jamais remboursés. Le caractère médical du transport doit être clairement établi.

Cas pratiques et exemples de remboursement

Situation Prise en charge Ce que paie le patient
Urgence : transport par le SAMU ou les pompiers vers les urgences 65 % du tarif conventionnel (100 % si l’hospitalisation qui suit est elle-même exonérée : acte lourd, séjour de plus de 30 jours, ALD, maternité, accident du travail) 35 % du tarif, couverts par la complémentaire, plus la franchise de 4 €
Soins en rapport avec une ALD, transport prescrit 100 % du tarif conventionnel La franchise de 4 € seulement
Consultation en ville, ambulance demandée par commodité, sans prescription Aucune La totalité de la facture
Femme enceinte à partir du sixième mois, transport prescrit vers la maternité 100 % du tarif conventionnel Rien : les femmes enceintes sont exonérées de la franchise
Sortie d’hospitalisation, transport prescrit par le médecin hospitalier 65 % du tarif conventionnel 35 % du tarif, couverts par la complémentaire, plus la franchise de 4 €
Bénéficiaire de la complémentaire santé solidaire, transport prescrit 100 %, tiers payant intégral Rien, franchise comprise

Dans tous les cas, l’ambulancier conventionné facture le tarif de la convention nationale, qui varie selon le département, l’heure et la distance ; il ne peut pas le dépasser. La franchise de 4 € par transport, plafonnée à 8 € par jour et 50 € par an, n’est jamais remboursée par la complémentaire.

Les délais de remboursement varient selon les situations. Avec le tiers payant, vous n’avancez que votre part. Sans tiers payant, vous devez envoyer la feuille de soins sous 2 ans maximum. Le remboursement intervient sous 5 à 10 jours après réception du dossier complet.

Méfiez-vous des ambulances non conventionnées. Elles peuvent facturer des tarifs libres, parfois 2 fois plus élevés que le tarif conventionnel. L’Assurance Maladie ne rembourse que sur la base du tarif officiel, le reste demeure à votre charge même avec une bonne mutuelle.

Les transports inter-établissements posent souvent problème. Le transfert d’un hôpital vers une clinique nécessite une prescription du médecin hospitalier. Sans cette prescription, le transport n’est pas remboursé, même s’il est médicalement justifié.

Conservez tous les justificatifs : prescription médicale, facture détaillée, feuille de soins. En cas de contrôle, l’Assurance Maladie peut demander des pièces complémentaires jusqu’à 2 ans après le transport. Les remboursements indus sont récupérés avec pénalités.

La coordination avec votre mutuelle nécessite une attention particulière. Certaines complémentaires santé remboursent les dépassements d’honoraires ou prennent en charge le ticket modérateur. Vérifiez vos garanties avant de choisir votre ambulancier.

Questions fréquentes sur le remboursement ambulance

L’ambulance est-elle remboursée sans prescription ?
Non, sauf urgence vitale. Le médecin urgentiste établit alors la prescription a posteriori. Pour tous les autres cas, la prescription préalable reste obligatoire.

Puis-je choisir librement mon ambulancier ?
Oui, mais privilégiez les ambulanciers conventionnés pour bénéficier du tiers payant et éviter les dépassements d’honoraires importants.

Ma mutuelle rembourse-t-elle le reste à charge ?
La plupart des mutuelles remboursent le ticket modérateur (35% du tarif conventionnel). Vérifiez vos garanties pour les dépassements d’honoraires.

Comment obtenir le remboursement sans tiers payant ?
Envoyez la feuille de soins, la prescription médicale et la facture à votre CPAM. Le remboursement s’effectue sous 5 à 10 jours.

Les transports en VSL sont-ils mieux remboursés ?
Le Véhicule Sanitaire Léger coûte moins cher (tarif kilométrique réduit) mais nécessite aussi une prescription médicale. Le taux de remboursement reste identique : 65% ou 100% selon votre situation.

Que faire en cas de refus de remboursement ?
Contactez votre CPAM pour connaître le motif. Vous disposez de 2 mois pour contester la décision auprès de la commission de recours amiable.

Le remboursement des ambulances suit des règles précises mais offre une protection efficace pour les patients nécessitant un transport médicalisé. La prescription médicale et le choix d’un ambulancier conventionné constituent les deux clés d’un remboursement optimal. Votre mutuelle complète généralement la prise en charge de l’Assurance Maladie, réduisant significativement votre reste à charge.

Pour certains cas spécifiques comme les accidents du travail, des règles particulières s’appliquent avec une prise en charge à 100% dès lors que le transport est lié à l’accident professionnel.

Pour toute question spécifique à votre situation, contactez votre CPAM au 3646 ou consultez votre compte ameli.fr avec votre Carte Vitale. Les conseillers peuvent vous renseigner sur vos droits et vous accompagner dans vos démarches de remboursement.

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A propos de l'auteur,
Rivo Raphaël Chreçant

Rivo Raphaël Chreçant est journaliste et sociologue. Titulaire d'un master 2 de sociologie de l'éducation et de la famille (Université d'Antananarivo), il a exercé comme journaliste à La Gazette de la Grande Île de 2015 à 2018, après avoir dirigé la rédaction de la revue étudiante Socio Mag et travaillé comme journaliste web et traducteur pour les ONG Search for Common Ground et Population Services International à Madagascar. Il a également coordonné des projets pour l'ACAT Madagascar entre 2010 et 2012. Rédacteur pour Vortexlab Digital Marketing depuis 2021, il est directeur de la publication et rédacteur en chef de cmu.fr, où il rédige l'ensemble des guides consacrés à la protection sociale française. Sa méthode : partir des textes et barèmes publiés par les sources officielles — Légifrance, service-public.gouv.fr, ameli.fr, la DREES et les ministères — les traduire en langage clair, et les citer systématiquement pour que chaque lecteur puisse remonter à la source.