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100 % Santé : le guide du reste à charge zéro en 2026

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Le 100 % Santé permet à toute personne qui a une complémentaire santé responsable d’obtenir des lunettes, des prothèses dentaires et des aides auditives sans rien payer, à condition de les choisir dans un panier d’équipements dont le prix est plafonné. La Sécurité sociale rembourse sa part, la complémentaire prend obligatoirement le reste, et le professionnel n’a pas le droit de facturer au-delà du plafond. Cette page décrit ce que contient chaque panier, les prix limites en vigueur, la façon dont se passe un achat, et les cas où le reste à charge n’est pas nul. Tarifs vérifiés le 5 septembre 2026 sur ameli.fr.

Le principe

Mis en place entre 2019 et 2021, le dispositif repose sur trois engagements. Les fabricants et les professionnels fournissent, dans chaque domaine, une gamme d’équipements de qualité normale dont le prix de vente ne peut pas dépasser un plafond. L’Assurance Maladie rembourse ces équipements sur une base revalorisée. Les complémentaires santé « responsables », c’est-à-dire la quasi-totalité des contrats individuels et tous les contrats d’entreprise, doivent couvrir la différence entre ce remboursement et le prix plafonné. Le résultat est un reste à charge de zéro euro, garanti par la loi, pour qui choisit un équipement du panier. Le patient garde la liberté de choisir un équipement hors panier, à prix libre ; sa complémentaire le rembourse alors selon les garanties du contrat, et le reste est à sa charge.

Le 100 % Santé ne demande aucune démarche : il suffit d’avoir une carte Vitale et une complémentaire responsable, et de demander le devis 100 % Santé, que l’opticien, le dentiste et l’audioprothésiste sont obligés de remettre. Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire y ont accès de la même façon, la C2S jouant le rôle de la complémentaire ; les personnes sans complémentaire n’y ont pas droit et paient le ticket modérateur. Notre page sur les conditions du 100 % Santé détaille ces cas.

Optique

Le panier, dit classe A, comprend des montures à 30 € au plus, chaque opticien devant en présenter au moins 17 modèles adultes et 10 modèles enfants en deux coloris, et des verres qui couvrent toutes les corrections, myopie, hypermétropie, astigmatisme et presbytie, y compris les verres progressifs, amincis selon la correction, avec traitements antireflets, anti-rayures et durcis. Le prix des verres est plafonné selon la correction, les progressifs à forte correction étant les plus chers du panier. La Sécurité sociale rembourse 60 % de bases revalorisées et la complémentaire le reste.

Le renouvellement est pris en charge tous les deux ans pour un adulte, tous les ans avant 16 ans, et plus tôt si la vue a changé ou en cas de perte ou de casse pour les enfants. Il est possible de panacher : monture 100 % Santé avec des verres à prix libre, ou l’inverse, la partie hors panier étant remboursée selon le contrat. Depuis 2020, la base de remboursement d’une monture hors panier n’est plus que de 0,05 €, et les contrats responsables plafonnent leur prise en charge des montures libres à 100 €.

Dentaire

Le panier 100 % Santé couvre les couronnes, les bridges, les inlay-cores et les prothèses amovibles, avec des matériaux qui dépendent de la position de la dent : céramique ou céramo-métallique sur les dents visibles, métal ou zircone sur les molaires. Les prix sont des honoraires limites que le dentiste ne peut pas dépasser.

Acte du panier 100 % Santé Honoraire limite Reste à charge avec complémentaire responsable
Couronne céramo-métallique ou céramique monolithique (dent visible) 500 € 0 €
Couronne zircone monolithique 440 € 0 €
Couronne métallique 290 € 0 €
Inlay-core 175 € 0 €
Bridge céramo-métallique 3 éléments (incisive) 1 465 € 0 €
Bridge métallique 3 éléments 870 € 0 €
Prothèse amovible complète en résine, deux mâchoires 2 300 € 0 €

Source : annexe IV de la convention nationale des chirurgiens-dentistes, honoraires limites de facturation.

À côté du panier 100 % Santé, un panier « à tarifs maîtrisés » propose d’autres matériaux (couronne céramique sur molaire, par exemple) à des prix plafonnés mais avec un reste à charge, et un panier « libre » regroupe le reste, notamment les implants, qui ne sont pas concernés par la réforme. Les soins conservateurs (caries, détartrage, dévitalisation) ne relèvent pas du 100 % Santé : ils sont remboursés à 60 % par la Sécurité sociale, sans dépassement possible en secteur conventionné. Le détail figure dans notre page sur les soins dentaires.

Audition

Les aides auditives de classe I sont vendues au plus 950 € par oreille pour les adultes et 1 400 € avant 20 ans, tous types confondus (contour d’oreille, intra-auriculaire, à écouteur déporté), avec au moins douze canaux de réglage, réducteur de bruit, anti-larsen et quatre ans de garantie, et trente jours d’essai avant achat. La Sécurité sociale rembourse 60 % d’une base de 400 € (240 €) et la complémentaire les 710 € restants. Le renouvellement est pris en charge tous les quatre ans. Les appareils de classe II sont à prix libre ; les contrats responsables plafonnent leur remboursement à 1 700 € par oreille, Sécurité sociale comprise. Notre page sur les audioprothèses 100 % Santé compare les deux classes.

Comment se passe un achat

Il faut une prescription : de l’ophtalmologiste (ou de l’opticien pour un renouvellement de verres, dans la limite de validité de l’ordonnance, cinq ans entre 16 et 42 ans), du chirurgien-dentiste pour une prothèse, d’un médecin ORL ou généraliste pour une aide auditive. Le professionnel établit un devis normalisé qui comporte obligatoirement une offre 100 % Santé, à côté de l’éventuelle offre libre qu’il propose, avec pour chacune le prix, la part de la Sécurité sociale et la part de la complémentaire. Le patient choisit. Avec le tiers payant, qui est systématique en optique et en audiologie et habituel en dentaire, il ne verse rien à la remise de l’équipement du panier. En cas de refus de remettre un devis 100 % Santé, ou de propos dissuasifs sur la qualité du panier, le signalement se fait à la CPAM.

Quand le reste à charge n’est pas nul

Dans quatre situations : l’équipement choisi est hors panier ; la complémentaire n’est pas un contrat responsable (rare, mais cela existe pour certains contrats anciens ou haut de gamme) ; la personne n’a aucune complémentaire ; ou l’équipement est renouvelé avant le délai de prise en charge sans motif admis. Dans le premier cas, le remboursement de la complémentaire dépend du contrat : pour des verres progressifs à prix libre à 600 € la paire, une garantie optique à 250 € laisse 350 € à payer, alors que la même correction en 100 % Santé ne coûte rien.

Questions fréquentes

Les équipements 100 % Santé sont-ils de moindre qualité ?
Ils répondent aux mêmes normes que les autres et sont fabriqués par les mêmes industriels ; la différence porte sur le choix esthétique, les options et, en audiologie, sur certaines fonctions avancées (connectivité, rechargeable).

Faut-il une mutuelle pour en bénéficier ?
Oui, ou la complémentaire santé solidaire. Sans complémentaire, la Sécurité sociale rembourse 60 % de la base, et le reste est à payer, même dans le panier.

Un opticien ou un dentiste peut-il ne pas proposer le 100 % Santé ?
Non. Tous les opticiens, chirurgiens-dentistes conventionnés et audioprothésistes doivent le proposer et remettre le devis correspondant.

Le 100 % Santé s’applique-t-il aux lentilles et aux implants ?
Non. Les lentilles de contact et les implants dentaires ne font pas partie des paniers ; leur remboursement dépend de la complémentaire.

Les prix limites évoluent-ils ?
Les honoraires dentaires suivent la convention des chirurgiens-dentistes, dont les revalorisations sont fixées par avenant ; les prix limites optiques et auditifs sont fixés par arrêté et publiés sur ameli.fr.

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A propos de l'auteur,
Rivo Raphaël Chreçant

Rivo Raphaël Chreçant est journaliste et sociologue. Titulaire d'un master 2 de sociologie de l'éducation et de la famille (Université d'Antananarivo), il a exercé comme journaliste à La Gazette de la Grande Île de 2015 à 2018, après avoir dirigé la rédaction de la revue étudiante Socio Mag et travaillé comme journaliste web et traducteur pour les ONG Search for Common Ground et Population Services International à Madagascar. Il a également coordonné des projets pour l'ACAT Madagascar entre 2010 et 2012. Rédacteur pour Vortexlab Digital Marketing depuis 2021, il est directeur de la publication et rédacteur en chef de cmu.fr, où il rédige l'ensemble des guides consacrés à la protection sociale française. Sa méthode : partir des textes et barèmes publiés par les sources officielles — Légifrance, service-public.gouv.fr, ameli.fr, la DREES et les ministères — les traduire en langage clair, et les citer systématiquement pour que chaque lecteur puisse remonter à la source.