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Etude : l'absence de complémentaire santé chez les étudiants

A la demande du Fonds CMU, l’ODENORE a réalisé une étude visant à mieux connaître le nombre, la situation et le parcours des étudiants sans complémentaire santé qui pourraient remplir, à titre individuel, les conditions cumulatives d'autonomie financière, géographique et fiscale ouvrant droit à la CMU-C ou à l’ACS. 

La population étudiée est composée de l’ensemble des étudiants des cinq établissements d’études supérieures de Grenoble et de l’école doctorale, inscrits à la rentrée universitaire 20132014 dans l’une des formations de Licence 1ère, 2ème et 3ème année, de Master 2ème année ou de doctorat. L’enquête porte donc sur la population étudiante d’un site universitaire, l’un des plus importants de France. En 2012-2013, l’université de Grenoble compte 54 253 étudiants inscrits, dont 59,7% en année 1, 2 ou 3 d’une licence (avec 10 576 premières inscriptions).

La base de données produite par l’enquête comprend au final 2 300 questionnaires.

Parmi l’ensemble des répondants, 84,7% ont une complémentaire santé et parmi ceux-ci 56,9% l’ont à titre personnel. 

A l’inverse, 15,3% (353 sur 2 300) n’ont pas de complémentaire santé. Parmi ceux-ci, 22,1% (78 sur 353) pourraient probablement bénéficier de la CMU-C comme ouvrants-droit dans la mesure où ils semblent remplir l’ensemble des conditions d’éligibilité

Ce ne sont cependant pas les seuls étudiants à pouvoir bénéficier de la CMU-C, puisque ce peut être aussi le cas de 4,6% des étudiants qui disposent d’une complémentaire santé à titre personnel et de 4,5% de ceux qui en ont une mais pas à titre personnel.

Plus de la moitié des étudiants éligibles à la CMU-C sont sans complémentaire santé au moment de l’enquête (53,8%) et que plus du tiers en ont une à titre personnel.

 

L’enquête a permis d’appliquer un indicateur de la précarité étudiante reposant sur cinq variables : l’état de santé perçu, un sentiment de solitude, ne pas manger à sa faim, renoncer à des achats de première nécessité et le reste pour vivre.

Il permet d’observer que seuls 16,3% des étudiants ne sont pas précaires. En revanche, 37,5% d’entre eux présentent des facteurs de fragilité sociale (économique et relationnelle), tandis que 23,5% et 22,7% sont précaires ou très précaires.

Autrement dit, plus de 4 étudiants sur 5 auraient un ou plusieurs facteurs d’exposition à la précarité telle que mesurée par cet indicateur.

 

L’analyse du rapprochement entre précarité et couverture complémentaire permet d’identifier :

-        Un constat attendu : les étudiants éligibles à la CMU-C, qu’ils aient ou non une complémentaire santé, sont ceux présentant le plus de critères de précarité. En effet, ils sont plus nombreux à exprimer un sentiment de solitude, à ne pas manger à leur faim et à renoncer à des achats de première nécessité, ce qui peut notamment s’expliquer par le fait qu’ils soient les plus nombreux à avoir un reste pour vivre situé entre 0 et 99 €. L’éligibilité à la CMU-C étant corrélée aux indicateurs de pauvreté, l’étude rappelle la corrélation entre pauvreté et précarité.

-        La confirmation que la couverture complémentaire est un dispositif très favorable à l’état de santé perçu (celui-ci étant très proche de l’état de santé réel des personnes) : les étudiants éligibles à la CMU-C et ayant effectivement une complémentaire santé sont moins nombreux que les étudiants sans complémentaire santé (qu’ils soient ou non éligibles à la CMU-C) à se percevoir en mauvais état de santé. La détention d’une complémentaire santé apparait donc avoir un impact sur la perception même de l’état de santé des étudiants.

Les raisons de l’absence d’une complémentaire santé sont diverses. Même si l’explication financière vient en tête (40,9% des raisons sont de cette nature), on peut noter que bon nombre d’étudiants sont en peine pour procéder à une éventuelle demande, par ignorance de ce qu’est une complémentaire santé ou pour d’autres motifs (31,9%).

Un lien statistique apparaît entre l’absence de complémentaire santé malgré l’éligibilité à la CMU-C et le renoncement à des soins au cours des douze derniers mois.

62,6% des étudiants sans complémentaire et pourtant éligibles à la CMU-C déclarent avoir renoncé une fois ou plusieurs fois à des soins au cours de l’année écoulée, contre 28,3% des étudiants avec complémentaire et non éligibles à la CMU-C.

Chez les étudiants sans complémentaire et pourtant éligibles à la CMU-C dans 70% des cas le renoncement est d’ordre financier, contre 39,9% chez les étudiants avec complémentaire et non éligibles à la CMU-C.

Pour accéder à l'étude, cliquez ici


 

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