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Les refus de soins en milieu rural

Ce nouveau test de discrimination a été réalisé dans deux départements ruraux, la Nièvre et l’Orne. Il permet d’enrichir l’analyse des attitudes des praticiens à l’égard des bénéficiaires de la CMU-C dans un environnement marqué par une faible démographie médicale.
Une vingtaine d’entretiens auprès de personnes vivant en milieu rural, dans des situations de vie précaires (dont des bénéficiaires de la CMU-C) ont également été réalisés pour compléter l’analyse quantitative.



Plusieurs tests de discrimination (testing) ont été réalisés par le fonds CMU depuis une dizaine d’années. Ils ont permis de confirmer l’existence de refus de soins de professionnels de santé à l’égard des bénéficiaires de la CMU-C et les taux observés dans certaines catégories de professionnels de santé ont contribué à révéler un phénomène qui n’était ni marginal ni anecdotique (Fonds CMU, 2009) ainsi que de le mesurer sur des territoires géographiques donnés. Cependant, les professionnels testés étaient tous installés en milieu urbain. L’objectif de cette recherche était d’analyser les obstacles à l’accès aux soins des bénéficiaires de la CMU-C et de manière plus large les personnes dans des situations de précarité en milieu rural.

Les résultats de ce dernier testing établissent l’absence ou le faible nombre de refus de soins, selon le type de praticiens et le département, à l’égard des bénéficiaires de la CMU-C dans ces deux départements. Seuls les refus de la part des dentistes et des médecins généralistes apparaissent significatifs dans la Nièvre avec des taux respectivement de 13,6 et 9,1 %. Aucun refus imputable à la CMU-C n’a été observé de la part des médecins spécialistes, pour les spécialités étudiées (gynécologie, gastro-entérologues, ophtalmologues, cardiologues, psychiatres). Il faut noter un taux important de refus de prendre en charge des nouveaux patients (tous usagers), plus prononcé dans l’Orne où les praticiens semblent moins disponibles. Les refus les plus importants concernent les dentistes avec près de 16 % dans la Nièvre et 22 % dans l’Orne. Ces taux s’élèvent à près de 14 % pour les médecins spécialistes de l’orne et environ 10 % pour les médecins généralistes des deux départements.
En termes de délais de rendez-vous, les moyennes apparaissent relativement élevées, particulièrement pour les médecins spécialistes (plus d’un mois en moyenne) et les dentistes (plus d’un mois en moyenne dans l’Orne).

L’étude qualitative montre que les patients franchissent les frontières départementales pour réduire les délais d’attente ou réduire les temps de parcours ce qui indique les limites d’une telle étude. Elle montre également l’impact financier de ces déplacements, même si les bénéficiaires de la CMU-C sont en partie remboursés des frais de déplacement pour leurs soins, et l’importance du maintien par les médecins généralistes de visites à domicile.

L’enseignement le plus important de cette étude est que le « refus de soins » vise en fait tous les assurés et qu’il pose nettement le problème de la démographie médicale dans ces territoires.

Pour accéder au rapport, cliquez ici


 

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